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Environnement - Page 29

  • Croissance, vous avez dit: CROISSANCE?

    CROISSANCE … malgré  les avertissements des scientifiques et d'un grand nombre d'économistes de tous pays, le Marché ( cette hydre anonyme et jamais rassasiée) et les Politiques des grands pays n'ont que ce mot à la bouche: CROISSANCE! 

     Pourtant le très sérieux magazine " Nature" publie une étude aux conclusions alarmantes. Menée par une équipe canadienne elle pourrait les aider à réfléchir.

    Il semblerait que notre planète connaisse prochainement un  effondrement.  Les écosystèmes de la Terre sont en train de changer radicalement et à une vitesse impressionnante. L'équipe de 18 scientifiques soulève plusieurs points inquiétants: la dégradation générale de la nature, les fluctuations climatiques de plus en plus extrêmes et le changement radical du bilan énergétique global. Ces modifications pourraient arriver à un point de non-retour avant le fin du siècle!

    Sourds les  Politiques ne veulent ni entendre, ni changer de discours:  CROISSANCE!

    Mais  qu'on ne dise pas qu'on ne sait pas … qu'on n'imagine pas … qu'on ne veut pas un tel drame.

    Pour qui sait lire, et comprendre le sens des mot, voici des citations anciennes, des 2 derniers  siècles, citations  qui n'émanent pas de révolutionnaires et qui auraient pu alerter nos dirigeants.

    John Stuart Mill( 1806/1873) économiste anglais: -  Si la terre doit perdre ses beautés en raison des dommages provoqués par une croissance illimitée de la richesse, alors je souhaiterais qu’on se contente de rester là où l’on est avant que nous soyons contraints de le faire par nécessité .


    Roosevelt: (1908) - Nous nous sommes enrichis de l’utilisation prodigue de nos ressources naturelles et nous avons de justes raisons d’être fiers de notre progrès. Mais le temps est venu d’envisager sérieusement ce qui arrivera quand nos forêts ne seront plus, quand le charbon, le fer et le pétrole seront épuisés, quand le sol aura encore été appauvri et lessivé vers les fleuves, polluant leurs eaux, dénudant les champs et faisant obstacle à la navigation. 

     

    Paul Hasard, historien français (1931, après la crise de 29),  dans " Le malaise américain" - Alors un doute immense commence à troubler les esprits. L’idée qu’il faut surproduire pour qu’on surachète, c’est-à-dire l’idée qui domine la vie économique de tout le pays, est-elle si juste ? Quand le marché est saturé et que la production continue, que devenir ? Le malaise est là. Il va plus loin que l’effondrement de certaines fortunes, plus loin même que la faillite, la disparition ou le suicide de quelques hommes d’affaires. Il y avait une conviction établie, une méthode qui avait donné ses preuves, un système économique qui semblait infaillible, et voici que les principes qui ont fait la gloire de l’Amérique sont remis en question. 

     

    De Keynes (1883/1946)  et je trouve cette citation excellente et inattendue sous sa plume! -  L’amour de l’argent comme objet de possession, qu’il faut distinguer de l’amour de l’argent comme moyen de se procurer les plaisirs et les réalités de la vie, sera reconnu pour ce qu’il est : un état morbide plutôt répugnant, l’une de ces inclinations à demi criminelles et à demi pathologiques dont on confie le soin en frissonnant aux spécialistes des maladies mentales. »

     

    Du même Keynes, pourtant  fondateur de l'économie moderne, une phrase essentielle -  il sera temps pour l’humanité d’apprendre comment consacrer son énergie à des buts autres qu’économiques .

     

    Oui, il sera temps mais quand? …. quand le pire sera inéluctable? Il est vrai que dans notre monde soumis à l'argent,  l' important c'est que l'ultralibéralisme enrichisse au delà de l'imaginable et aussi longtemps que possible  quelques puissants en ponctionnant au maximum la classe moyenne et en affamant  le reste du monde. 

  • Détente sur la côte de l'Aiguillon

    Deux semaines de détente  en Vendée, passées  à sillonner à vélo la région de l'Aiguillon, la côte et surtout l'arrière pays, ce marais que je connais si bien.

    De plus en plus disparaissent les digues et les chemins creux, les canaux et les rigoles,  tout ce  travail des générations passées destiné à modeler le paysage sans l'altérer. La monoculture industrielle s'installe avec les immenses champs de céréales, de maïs et de tournesol, toutes plantes identiques sur une tige raide, de même hauteur. Le blé qui ondulait, le maïs qui bruissait, les fleurs qui s'invitaient, c'est fini! On a même regardé travailler une énorme machine digne de celles des kolkhozes des plaines de Sibérie!

    Par contre, j'ai cherché en vain des oiseaux, des insectes, des papillons!  En ce mois de juillet 2012, sur ces plates étendues parcourues inlassablement par un violent vent  du sud ouest , j'aurai aimé retrouver les compagnons de mon enfance. Que sont-ils devenus?

     Il faut dire que cette région, classée  "Parc naturel régional du Marais poitevin" en 1979 et a été déclassée en 96 en raison de "l'échec de sa mission de préservation de l'environnement d'une grande zone humide", à cause  d'une perte importante de surface en prairies humides. Il s'agit du seul cas de déclassement d'un parc naturel régional depuis la création de ces structures.

    Un nouveau projet présenté en 2010 avec le même nom a été définitivement enterré. Décidément, le territoire rencontre des difficultés pour concilier les évolutions de l'agriculture et la préservation de l'environnement.


    C'est pourquoi seuls subsistent des ilots, comme les  communaux de la vallée du Lay  où le marais n'a pas perdu son authenticité, havre de paix où on rencontre fleurs et insectes,  hérons, aigrettes et de nombreux oiseaux.   Une réserve naturelle, des sentiers d'interprétation, des pistes cyclables, la vraie nature garde ses droits et ses charmes. Mais dans aucune balade, je n'ai vu voleter un papillon et çà me navre!

     

    D'après une étude britannique poursuivie pendant 40 ans par 20 000 naturalistes amateurs, sur 58 espèces de papillons présents dans les îles britanniques, 71% ont décliné ou ont disparu dans les 20 dernières années.  De même pour 54% des espèces d'oiseaux et pour 28% des espèces de plantes. 

    Le phénomène est global et rien ne semble devoir l'arrêter. La perte de la biodiversité végétale joue un rôle clé car elle prive les insectes de nourriture. Elle est due  d'abord à l'agriculture intensive mais aussi à l'arrachage des haies, au remembrement , à l'urbanisation, au fauchage avant floraison des herbes des talus ou des arbustes le long des routes. Le plus grave est incontestablement l'utilisation systématique d'herbicides capables d'éradiquer aujourd'hui toutes les «mauvaises herbes» pourtant indispensables à beaucoup d'insectes.

     

    Et si on prend conscience que 80% des espèces de plantes terrestres sont fécondées par les insectes, abeilles,  bourdons, papillons, mouches, moustiques et coléoptères, on ne peut encore une fois qu'être inquiets pour l'avenir: quelle terre laisserons nous à nos enfants?

  • " Dans les forêts de Sibérie" Sylvain Tesson

    J'ai découvert Sylvain Tesson lors de son tour du monde à vélo avec Nicolas Poussin, et depuis, j' ai suivi  toutes ses aventures. Tous genres confondus, récits, albums, nouvelles ...  il a écrit 25 livres, j'en ai lu la plupart et me suis retrouvée dans beaucoup de ses phrases

    Son projet de vivre en ermite près du lac Baïkal m'a particulièrement touchée, moi qui ai laissé un coin de mon coeur au bord de ce lac en 2004, lors d'un voyage de 3 mois, en Pick up/cellule depuis mon Anjou jusqu'à ses rives.

    Aussi, dès sa sortie en  2011, j'ai acheté " Dans les forêts de Sibérie"  (Prix Médicis) et en ai fait mon livre de chevet.


    " Deux chiens, un poêle à bois, une fenêtre ouverte sur un lac suffisent à la vie. Et si le bonheur revenait à disposer de solitude, d'espace, de silence, toutes choses qui manqueront aux générations futures" lit-on sur la dos de son livre.

     

    Fils de Philippe Tesson, journaliste politique, il appartient à un milieu privilégié, mais livre une guerre contre le confort et le conformisme, exprimée dans ses actes et dans ses écrits, dont voici un florilège: 


    - Tout ce qui ressemble à de la "grégarité testostéronique" me révulse.


    - On est dans les villes comme des hamsters dans une cage en plastique.


    - Je fuis les groupes, je recherche les individus

    - Le mauvais goût est la chose au monde la mieux partagée et la définition du mauvais gout est le sans gène.

    .- Il faudrait ériger le conseil de Baden Powell en principe:" Lorsqu'on quitte un lieu de bivouac, prendre soin de laisser 2 choses. Premièrement: rien. Deuxièmement: ses remerciements". L'essentiel: ne pas trop peser à la surface du globe!

    - J'aime la steppe, ce tapis massacré par le surpâturage, les ultraviolets, le vent: cette souffrance absolue de la terre. J'aime la steppe, paysage du voyageur par excellence, des plus spectaculaires hordes, des plus grandes migrations.  

    - Dans mon isba, j'ai le temps de voir le passionnant spectacle de ce qui se passe par la fenêtre. Comment peut-on encore conserver une télé chez soi?

    Et cette phrase qui résume tout:

    - Le froid, le silence et la solitude sont des états qui se négocieront demain plus cher que l'or. Sur une Terre surpeuplée, surchauffée, bruyante, une cabane forestière est l'eldorado." 

    Dédié à Arnaud Humann, qui vit à Irkoutsk, organise des séjours au bord du Baïkal et nous avait accueilli si amicalement  en 2004, ce livre devrait être étudié par les jeunes qui n'ont que la société de consommation, l'argent et l'ultralibéralisme ( la loi de la jungle ) comme référence

    Comme écrit Maurice Chaudière ( encore un non conformiste!), dans un éditorial :

    "Pour répondre à la fringale de développement qui nous fait courir de mirage en mirage, de colonisation en délocalisation, il faut se déplacer et rouler, bruler les étapes, gagner en vitesse, accélérer. Brûler le temps aussi bien que l'espace. Finira-t-on par reconnaître que le Progrès n'est qu'un mythe et que le ciel, encombré de chimères, risque bien, comme le craignaient les Gaulois de nous tomber sur la tëte.

    Un très beau film résume ces 6 mois sibériens, 52 mn de bonheur!