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21/05/2020

Épidémies du temps passé, toujours vue par une contestataire!

De 1926 à 1981, ce sont 65 ans passés dans les écoles par  ma mère: 35 ans, et moi: 30 ans. Pour nous 2 début de la carrière à la campagne dans une toute petite école ( ma mère une classe unique garçons et filles dédoublée alors qu’elle avait 52 élèves de 4 à 14 ans dans sa classe, pas très grande... et oui, c’était dans les années 1930/40) et nomination en ville en fin de carrière.

En avons-nous vu passer des épidémies, appelées simplement maladies de l’enfance et que chacun s’attendait à subir. Rougeole et rubéole, varicelle, oreillons, coqueluche pour les plus répandues.

On nous les présente maintenant comme des maladies redoutables.

La plus fréquente, évidemment c’était  la rougeole! De nos jours un cas quelque part, le pays est en émoi, les médias en parlent ... et tous les parents ont peur!

Or en   65 ans nous n’avons pas vu un seul cas mortel de rougeole, ni même une hospitalisation. L’éviction était de15 jours. Bien des mères étaient prêtes à nous remettre leurs enfants  avant. De plus comme ces braves femmes faisaient jouer et coucher les enfants ensemble ( pour qu’ils soient tous atteints en même temps!). N’oublions pas qu’elles avaient le plus souvent de 5 à 8 enfants,

L’épidémie vidait une tranche d’âge de l’école mais ne durait pas longtemps. Et c’était l’étonnement des mères de constater à la fin que certains enfants n’avaient rien attrapé. On avait pas encore  inventé le terme immunité et «  porteur sain ». Une mère m’a même dit un jour « Celui la, il doit être réfractaire aux microbes, il n’attrape jamais rien! »

Quant aux autres épidémies « on n’en faisait pas de cas » ( expression populaire très employée car il y avait tant de choses qui nous inquièterait maintenant et dont on « ne faisait pas de cas ».

Bref 65 ans d’enseignement et pas un mort de maladies infantiles. Ma mère a eu 2 élèves décédés l’une d’un méningite et l’autre infection pulmonaire, moi 0 et mon mari qui a toujours été mon directeur...2 ... en fin de carrière... d’un cancer! Tiens dans la décennie 1980/90, çà commençait à se répandre.

Et je veux raconter une épidémie qui a touché le moitié de ma classe de maternelle dans un petit bourg en 1954!

Un beau jour un enfant arrive avec les yeux jaunes, à midi sa peau est jaune et le soir le médecin diagnostique une hépatite bien sur.

Seulement le lendemain ils sont plusieurs et la série continue. Je consulte les instructions, rien à ce sujet. Je file donc demander conseil au médecin pour l’éviction du malade et des frères et sœurs.

Beaucoup de décontraction de cet homme qui me dit... « aucune éviction pour le malade, quand aux frères et sœurs vous les accueillez. L’épidémie finira comme elle a commencé »

Et oui, autre temps... autres mœurs, dit-on! Effectivement une bonne moitié de ma classe est devenue jaune sans troubler ni parents,ni enseignants, ni même le médecin du bourg! Personne ne s’est demandé qu’elle pouvait être la cause de cette épidémie insolite ... qui a subitement disparu, et n’a laissée aucune trace dans la vie du bourg.

Je regrette cette sérénité devant les aléas de la vie. Et j’en reparlerai dans ma prochaine note.

14/08/2019

S'il revenait... comme mon grand père serait heureux!

« La terre est la ressource la plus précieuse du Monde. Et pourtant elle n’est pas appréciée à sa juste valeur. L’or, le pétrole, les minerais et les pierres précieuses se vendent à des prix qui nous ont amené à traiter la terre comme de la simple poussière ».( FAO)

Constat peu réjouissant: en 2019, les sols sont de plus en plus dégradés, de moins en moins vivants. Dans 1 gramme de sol vivaient normalement  jusqu'à 100 millions de virus et microorganismes, il ne reste pratiquement plus rien! Et les rendements baissent dangereusement. Quelles sont les raisons?

Les pesticides, les labours et la monoculture de quelques espèces sont des facteurs d’érosion et de perte de sol. De plus ils  on fait disparaitre les organismes fouisseurs dont les vers de terre qui maintenaient la structure du sol. Ce n’est pas tout: le  surpâturage entraîne une réduction de la biodiversité, S’y ajoute la pollution, souvent chimique, due aux activités agricoles et industrielles et aussi la perte de zones cultivables due à l’extension des zones construites .

Le GIEC, dans un rapport, publié les jours derniers, évalue la gravité de la situation et  propose des solutions. 

Voilà pourquoi j’évoque mon grand père mort en 1960. Car le rapport du Giec rejoint ses réflexions et conclusions! Mon grand père, né dans les années 1880 était un cultivateur avec une très petite ferme traditionnelle. Un de mes oncles a commencé à travailler avec lui avant la guerre de 1939 et dans les années 1950, a pris le « chemin du progrès » comme tant d’agriculteurs. 

Première action, le remembrement avec suppression des rigoles, des chemins bordes de haies et de tous les bosquets qui se trouvaient au coin des champs. Premier froncement de sourcils de mon grand père qui admet l’utilité de grandes parcelles pour l’introduction de la motorisation mais regrette chemins, rigoles et arbres « si utiles ».

Création d’une coopérative qui vend engrais et traitements pesticides et autres plus nourriture pour bovins, cochons, volailles et et fait comprendre que l’agriculture moderne, c’est çà! Elle impose peu à peu ses vues à tous, car on ne refuse pas le PROGRÈS. Mon oncle adhère et se tourne vers une monoculture moderne, commence un élevage de cochons, bref suit le mouvement. 

Pas d’écho quand  son père parle de « rotation des cultures, d’épandre les déchets végétaux, de ne pas laisser le sol nu et de mêler la culture et l’élevage ». 

Car cet homme intelligent et très réfléchi qui essaie sans cesse d’améliorer ses méthodes de culture trouve beaucoup de critiques à faire  aux nouveaux modes de culture. 

Et je souris en voyant 60 ans après sa mort, ce que propose le GIEC? 

  • agroforesterie, mêler les arbres aux cultures
  • mêler polyculture et élevage
  • rotation des cultures
  • recycler la biomasse, les déchets végétaux
  • couvrir les sols et faisant pousser des plantes entre les cultures. 

Mot pour mot les méthodes de mon grand père! 

Je souris encore en l’évoquant revenant des champs avec mon oncle, au pas lent de ses 2 « bœufs jouqués » 

Il se penchait, prenait un peu de terre, l’émiettait, la regardait, la sentait puis émettait un avis pour l’avenir, semer telle ou telle plante, laisser en jachère, « chauler » etc....

Car toutes ces méthodes employées déjà du temps des Grecs et Romains ont été améliorées par toutes les générations passées qui aimaient et respectaient leur Terre ...tout au moins jusqu’à la fin de la guerre où on a nié toute valeur au passé! 

12/01/2019

Réflexions à propos des évènements actuels.

Je viens de trouver , venant d’un « ami » Facebook, la photo de Macron en Hitler suivie d’un commentaire qui m’a révoltée. 

Macron traité de dictateur,  comparé à Hitler! la petite fille qui a vécu la guerre commencée pour ses 9 ans, aux vacances 1939 et terminées aux vacances 1945, soit 5 années de sa vie d’écolière ne peut admettre un tel amalgame. 

Ma mère qui avait vécu la guerre de 1914 au même âge que moi, mes 2 grands pères qui avaient été mobilisés a 32 ans et avaient passé près de 5 ans, loin de leur femme et enfants, tous disaient que la guerre rendait different ... pour la vie. C’est ce que je pense!

À près de 87 ans tant de dates font encore monter en moi des sensations, des visages et des souvenirs aussi nets que ceux d’hier. Et je crois que je pourrais tout raconter de chaque journée , tant pour moi, c’est toujours présent. 

Je ferai une note pour expliquer l'Allemagne d'Hitler. Comment oser écrire qu’on est en dictature? Comment comparer Macron à Hitler? La liberté existe dans notre pays. Et comment mettre en avant la pauvreté invivable soi-disant, autorisant tous les débordements? Car la pauvreté est tellement relative par rapport au passé! 

Mais la société a changé. J’ai lu le livre «Génération, j’ai le droit » de Barbara Lefebvre. Et j’ai trouvé cette phrase qui résume notre époque.

« Le citoyen est un individu autorisé à ériger son droit singulier en obstacle à l’exercice d’un pouvoir légitime au service du bien commun ».

Car il y a des règles à la vie en société, des lois que tout le monde doit suivre, des règles que les gilets jaunes violent allègrement tous les jours. En un mot les droits amènent des devoirs

Révoltée par les injustices, je suis de tous les combats pour une société meilleure, d’abord, petite fille en suivant  mes parents avant de manifester moi même . Mais je méprise ce déferlement de haine qui conduit à la violence irraisonnée et je n’ai que mépris pour ceux qui croient résoudre ainsi les problèmes. 

Démolir, brûler, casser, frapper, comment peut on imaginer faire avancer le monde de cette façon? Helas, depuis le début du XXI eme siècle et chaque jour davantage, "péter les plombs" en hurlant et agressant, c’est devenu une façon de réagir. On voit souvent les parents d’élèves agresser les maîtres, les patients agresser les médecins sans même parler du racisme devenu ordinaire. Et en ce moment les députés macronismes sont de plus en plus menaces de mort! 

Quelle tristesse car avec les réseaux sociaux (que j’ai utilisé avec intérêt et qui me répugnent maintenant), on assiste a un défoulement permanent ou tout est permis, l’appel à la violencé  et la haine envers le monde entier, avec la propagation des fausses nouvelles et des interprétations  les plus erronées. Un ordinateur et quelques applications, et c’est à la portée de n’importe qui de créer un faux texte officiel et de falsifier les photos. Et c'est tellement valorisant! Ajoutons à cela que chaque commentaire distille une pincée de haine,  de violence verbales, d’insanités, d’ordures

Mais où sont passées les valeurs de civilisation qui étaient en honneur chez les humbles entre les 2 guerres. Triste époque, décidément! Si mes grands pères revenaient, quelle déception en découvrant cette jungle. 

Je terminerai par une anecdote. Un jour, j’attendais le bus à côté d’une femme aussi vieille que moi. Arrivent 2 filles jeunes mais pas des ados, smartphone à l'oreille en train de discuter avec une copine  qui arrivait dans le bus, qu’elles attendaient et qui allait les rejoindre dans quelques minutes. Conversation débile tout en disant en riant qu'elle n'arrivait pas vite et qu’elles allaient « exploser » leur forfait. Grands gestes en voyant la copine dans le bus, elles montent et ma voisine me dit «  vous avez entendu? Ah! Celles là, il leur faudrait une bonne guerre pour apprendre é vivre.». 

J’étais outrée car pour rien au monde , je ne souhaitais une guerre a un homme, encore moins a un jeune. Cette anecdote remonte à une dizaine d’années et je repense maintenant à cette  phrase ou je finis par trouver du vrai, car le comportement infantile de beaucoup de mes  concitoyens , jeunes et moins jeunes me navre. 

Cette culture de la violence, c’est une affirmation du « soi »... je suis la, j’existe et j’ai le droit! Navrant, vraiment.