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10/09/2017

"Ma Loire" en cette fin d'été

Avant hier je suis partie à vélo pour 25 km  sur la levée de  la Loire, rive droite, retour par la rive gauche, une sortie de 50 km ponctuée d'arrêts pour observer le fleuve.

J'avais été interpelée par la mort d'une dizaine de pauvres chiens qui avaient eu la malencontreuse idée de jouer dans l'eau. Des articles m'avaient renseignée sur les responsables, les cyanobacteries qui se développent dans une eau presque stagnante, trop chaude et envahie de micronutriments dus, encore une fois, aux activités humaines, autant les rejets urbains que les rejets agricoles. De plus en plus, dans toute la France, les rivières et lacs sont touchés par ces algues bleues qui peuvent être dangereuses aussi pour les hommes, plus encore pour les enfants. En Anjou la baignade, la consommation des poissons pêchés ainsi que les activités nautiques ont été réglementées, voire interdites selon les endroits.

Mon premier arrêt a été sur une cale que j'appellerai familiale tant elle a accompagnée notre vie depuis 1954. Non loin de chez nous, accueillante aussi bien pour les balades du dimanche en toutes saisons que pour les pique nique d'été, elle a été le témoin de tant de souvenirs heureux. Je ne connaissais que ses pavés, je découvre au delà une frange de "prairie" qui montre que le fleuve est décidément bien bas! Ici, une île sépare la Loire en 2 bras, celui que je longe ne coule quasiment plus et des mouettes semblent marcher sur une pellicule d'eau. Partout le sable affleure et l'eau ne court plus mais stagne entre les îles . Et tout favorise le développement de ces algues dangereuses.

Au fil des km, je découvre la même Loire paresseuse, avec les bancs de sable devenus iles, puis prairies, certaines avec des arbustes aussi haut que moi. Si le phénomène s'accentue, on pourra, comme dans le lit du Niger, (les 2 fleuves ressemblent beaucoup), y mener paître les vaches. Mais qui a encore 2 ou 3 bêtes à mener au champ chaque jour? Pendant cette sortie,  j'ai surtout vu des pépinières produisant graines fleurs et arbustes ainsi que des champs de maïs avec des arroseurs d'une longueur démesurée.

Sur l'autre rive, beaucoup plus sauvage, les "boires" sortes d'étangs laissés par la Loire à la fin de l'hiver ont disparues, devenues prairies elles aussi. 

Décidément, quand on aime ce fleuve depuis 85 ans, bien difficile de nier le changement de climat d'autant plus que la semaine passée, je suis allée découvrir la Maine et l'Authion qui ont encore plus piteuse mine! 
Le monde à bien changé, il change chaque jour, mais je ne suis pas sûre que ce soit pour le bien des générations futures.

03/09/2017

Evolution de l'enfance et de l'école au fil des ans!

Voir la méthode syllabique comme panacée pour remédier à tous les problèmes de l'éducation me semble ridicule. Le monde a changé les enfants ont changé, leur vie n'a rien de commun avec celle des petits élèves d'il y a cinquante ans. Et ils n'attendent plus grand chose de l'école car les informations fusent de partout jour et nuit par des tas de canaux differents. Ma fille a dit un jour, à propos de ses élèves et de ses enfants: " Notre génération à mis au monde des mutants"

Avant la guerre.Les élèves de ma mère, mes copains d'école, habitait presque tous dans des fermes sans électricité sans radio sans téléphone et sans moyen de transport bien sûr. Leur seul éveil c'était l'école. Quand ils y arrivaient le matin ils avaient parcouru plusieurs kilomètres à pied parmi les chants d'oiseaux avec les animaux des bois et des prés comme compagnon. Avant de partir ils avaient "pansé" les lapins, donné du grain au poules, souvent habillé et fait manger les plus petits car la mère etait très tôt occupée aux travaux à la ferme.
L'école était pour eux un miracle ils avaient conscience de devenir des hommes, donc " gobaient" et retenait tout ce qui venait de l'instituteur. Et savoir lire était leur désir le plus grand. Ni distraits, ni sollicités par mille choses à la fois, leur attention était soutenue sans agitation. Je me souviens de la cinquantaine d'élèves de 4 à 14 ans qui travaillaient en silence. On ouvrait souvent les fenêtres sur la campagne et c'était le chant des grillons et des oiseaux qui accompagnaient les leçons de ma mère.

Annees 1950/70. C'est moi qui suis dans une école rurale et mes petits élèves habitent souvent bien loin encore (1/3 de ma classe à 2 km et plus), ils arrivent seuls à vélo, autonomes à 4 ans et très responsables. La radio est entrée dans les maisons mais il est rare qu'on l'allume le matin, sauf pour les informations. On demande moins de participation aux enfants de cultivateurs, et les mamans parlent davantage aux petits avant le départ, font lire la page ou réciter les leçons! L'atmosphère familiale est sereine et tranquille le matin et pendant ces années la, je ne me souviens pas avoir eu un bruit dans la classe, sans avoir à élever la voix, gronder, encore moins punir! Car ils ont encore soif d'apprendre et l'école est leur lieu de vie.

Seulement voilà, la télé est arrivée, un divertissement parfait pour les enfants... et un merveilleux moyen de ne plus avoir a s'occuper d'eux, quelle tranquillité pour les parents.
Et dans les classes, on a vu la différence. Pour beaucoup télé au réveil, télé le soir, ce qui a amené les couchers tard et tout voir, les films, les séries! 3 films le dimanche  pour presqu'une moitié de la classe, des CP en 1975, et seulement 2 familles sans télé: un médecin, un ingénieur! Pour eux, c'était un choix!
C'est alors qu'est née l'agitation, suivie du manque d'attention, de tous les défauts de la concentration, et de  l'impression de tout savoir "je l'ai vu à la télé , c'est vrai maîtresse!"
La beauté de la lecture et le désir d'apprendre et de comprendre à peu à peu disparu!

Et maintenant 30 à 40 ans après??? L'école est passée après toutes les distractions, les enfants sont gavés d'images, de sons, d'informations. Les écrans ont envahi leur vie sans leur laisser le temps d'avoir une enfance car, de plus ils sont soumis à un rythme aberrant et parfois inhumain. Leurs parents stressés n'ont jamais le temps.

Et pour y remédier nos dirigeants ont accumulé les réformes sans discernement.
Alors incriminer une méthode de lecture ( méthode qui en plus, n'a jamais vraiment existé) pour expliquer tous les maux de l'éducation nationale me semble un peu simpliste..

29/08/2017

La méthode globale, responsable de tous les maux de la jeunesse actuelle? de qui se moque-t-on?

Je ne pensais pas reprendre mon blog avec un sujet pédagogique.Mais je suis stupéfaite de constater que la méthode globale revient en accusée sur le devant de la scène! Un serpent de mer qui dure depuis les années 70.

Les jeunes ne savent plus lire, ne comprennent pas ce qu’il lisent… constatation, consternation…. la lecture globale est responsable. Niveau bac, « ils ne savent  pas lire » et n’aiment pas çà, pas de doute, au CP, ils ont eu une maitresse qui pratiquait la lecture globale

Ceux qui dissertent sur le sujet savent-il que la méthode globale qui avait été élaborée pour la première fois en 1787, s’est développé au début du XXe siècle sur l’impulsion d’Ovide Decroly, a partir d’études de la psychologie de l’enfant et avec une rigoureuse démarche scientifique . On l’ a appelé le « père de la méthode globale «  et écrit qu’il avait agi « en vrai savant ».
Cette méthode est peu entrée dans les écoles a son époque mais, dans les années 70, après les événements de 1968, on l’a brusquement mise à la mode tout en la réduisant et en la modifiant.En ces années où on voulait tout changer, on a imposé aussi les mathématiques des ensembles pour apprendre un compter. Encore, un beau sujet pour disserter à l’infini !

Peu d’instituteurs se sont essayé aux 2 nouvelles manières d’enseigner la lecture et le calcul.

Nous sommes une famille d’enseignants et n’avons vu que 2 institutrices pratiquant la méthode uniquement globale et ce, pendant 75 ans … ma mère pendant les 15 derniers années de a carrière, 2 de mes enfants pendant toutes leurs années de « professeurs des écoles » ( et oui, on avait même changé de nom) et moi-même « maîtresse » de CP pendant 30 ans, en tout c’est bien 75 ans d’enseignement, de 1926 à 2010 et seulement 2 institutrices pratiquant vraiment la méthode globale!
…. De plus, c’étaient de bonnes institutrices et leurs élèves lisaient très bien!

S’appuyer, dans les premiers mois, comme je l’ai fait pendant toute ma carrière sur les mots qui parlent aux enfants me semble normal et susceptible de l’intéresser plus que la litanie des R.I ri, T.A etc… .
Ces mots, ils les connaissent soit parce qu’ils les ont appris à l’école maternelle, soit, (j’ai eu pendant 15 ans une classe rurale ou les enfants entraient à 4 ans et passaient 4 ans avec moi de la section enfantine au CE2) parce qu’ils les ont piqués et mémorisés dans la vie de tous les jours, avec ou sans l’aide de leur parents. Tous reconnaissent « maman, papa", souvent « pépé, mémé », les prénoms des frères et soeurs le nom de la commune et de ses commerces, celui du journal lu a la maison, De plus, a mon époque, ils connaissaient la suite du nom des pots alignés sur chaque cheminée «  sucre, café, farine, pâtes, sel, poivre » Et tant d’autres encore!  
Mais après, il faudra bien analyser, recomposer des mots a partir de syllabes et toute institutrice l’a fait.

Alors parler de la méthode globale comme cause de tous les maux et en faire une affaire d’état avec, à la clé, une bataille entre gens qui n’y connaissent rien, me semble une grave erreur.

Ma prochaine note continuera a parler de ce sujet