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12/01/2019

Réflexions à propos des évènements actuels.

Je viens de trouver , venant d’un « ami » Facebook, la photo de Macron en Hitler suivie d’un commentaire qui m’a révoltée. 

Macron traité de dictateur,  comparé à Hitler! la petite fille qui a vécu la guerre commencée pour ses 9 ans, aux vacances 1939 et terminées aux vacances 1945, soit 5 années de sa vie d’écolière ne peut admettre un tel amalgame. 

Ma mère qui avait vécu la guerre de 1914 au même âge que moi, mes 2 grands pères qui avaient été mobilisés a 32 ans et avaient passé près de 5 ans, loin de leur femme et enfants, tous disaient que la guerre rendait different ... pour la vie. C’est ce que je pense!

À près de 87 ans tant de dates font encore monter en moi des sensations, des visages et des souvenirs aussi nets que ceux d’hier. Et je crois que je pourrais tout raconter de chaque journée , tant pour moi, c’est toujours présent. 

Je ferai une note pour expliquer l'Allemagne d'Hitler. Comment oser écrire qu’on est en dictature? Comment comparer Macron à Hitler? La liberté existe dans notre pays. Et comment mettre en avant la pauvreté invivable soi-disant, autorisant tous les débordements? Car la pauvreté est tellement relative par rapport au passé! 

Mais la société a changé. J’ai lu le livre «Génération, j’ai le droit » de Barbara Lefebvre. Et j’ai trouvé cette phrase qui résume notre époque.

« Le citoyen est un individu autorisé à ériger son droit singulier en obstacle à l’exercice d’un pouvoir légitime au service du bien commun ».

Car il y a des règles à la vie en société, des lois que tout le monde doit suivre, des règles que les gilets jaunes violent allègrement tous les jours. En un mot les droits amènent des devoirs

Révoltée par les injustices, je suis de tous les combats pour une société meilleure, d’abord, petite fille en suivant  mes parents avant de manifester moi même . Mais je méprise ce déferlement de haine qui conduit à la violence irraisonnée et je n’ai que mépris pour ceux qui croient résoudre ainsi les problèmes. 

Démolir, brûler, casser, frapper, comment peut on imaginer faire avancer le monde de cette façon? Helas, depuis le début du XXI eme siècle et chaque jour davantage, "péter les plombs" en hurlant et agressant, c’est devenu une façon de réagir. On voit souvent les parents d’élèves agresser les maîtres, les patients agresser les médecins sans même parler du racisme devenu ordinaire. Et en ce moment les députés macronismes sont de plus en plus menaces de mort! 

Quelle tristesse car avec les réseaux sociaux (que j’ai utilisé avec intérêt et qui me répugnent maintenant), on assiste a un défoulement permanent ou tout est permis, l’appel à la violencé  et la haine envers le monde entier, avec la propagation des fausses nouvelles et des interprétations  les plus erronées. Un ordinateur et quelques applications, et c’est à la portée de n’importe qui de créer un faux texte officiel et de falsifier les photos. Et c'est tellement valorisant! Ajoutons à cela que chaque commentaire distille une pincée de haine,  de violence verbales, d’insanités, d’ordures

Mais où sont passées les valeurs de civilisation qui étaient en honneur chez les humbles entre les 2 guerres. Triste époque, décidément! Si mes grands pères revenaient, quelle déception en découvrant cette jungle. 

Je terminerai par une anecdote. Un jour, j’attendais le bus à côté d’une femme aussi vieille que moi. Arrivent 2 filles jeunes mais pas des ados, smartphone à l'oreille en train de discuter avec une copine  qui arrivait dans le bus, qu’elles attendaient et qui allait les rejoindre dans quelques minutes. Conversation débile tout en disant en riant qu'elle n'arrivait pas vite et qu’elles allaient « exploser » leur forfait. Grands gestes en voyant la copine dans le bus, elles montent et ma voisine me dit «  vous avez entendu? Ah! Celles là, il leur faudrait une bonne guerre pour apprendre é vivre.». 

J’étais outrée car pour rien au monde , je ne souhaitais une guerre a un homme, encore moins a un jeune. Cette anecdote remonte à une dizaine d’années et je repense maintenant à cette  phrase ou je finis par trouver du vrai, car le comportement infantile de beaucoup de mes  concitoyens , jeunes et moins jeunes me navre. 

Cette culture de la violence, c’est une affirmation du « soi »... je suis la, j’existe et j’ai le droit! Navrant, vraiment. 

10/09/2017

"Ma Loire" en cette fin d'été

Avant hier je suis partie à vélo pour 25 km  sur la levée de  la Loire, rive droite, retour par la rive gauche, une sortie de 50 km ponctuée d'arrêts pour observer le fleuve.

J'avais été interpelée par la mort d'une dizaine de pauvres chiens qui avaient eu la malencontreuse idée de jouer dans l'eau. Des articles m'avaient renseignée sur les responsables, les cyanobacteries qui se développent dans une eau presque stagnante, trop chaude et envahie de micronutriments dus, encore une fois, aux activités humaines, autant les rejets urbains que les rejets agricoles. De plus en plus, dans toute la France, les rivières et lacs sont touchés par ces algues bleues qui peuvent être dangereuses aussi pour les hommes, plus encore pour les enfants. En Anjou la baignade, la consommation des poissons pêchés ainsi que les activités nautiques ont été réglementées, voire interdites selon les endroits.

Mon premier arrêt a été sur une cale que j'appellerai familiale tant elle a accompagnée notre vie depuis 1954. Non loin de chez nous, accueillante aussi bien pour les balades du dimanche en toutes saisons que pour les pique nique d'été, elle a été le témoin de tant de souvenirs heureux. Je ne connaissais que ses pavés, je découvre au delà une frange de "prairie" qui montre que le fleuve est décidément bien bas! Ici, une île sépare la Loire en 2 bras, celui que je longe ne coule quasiment plus et des mouettes semblent marcher sur une pellicule d'eau. Partout le sable affleure et l'eau ne court plus mais stagne entre les îles . Et tout favorise le développement de ces algues dangereuses.

Au fil des km, je découvre la même Loire paresseuse, avec les bancs de sable devenus iles, puis prairies, certaines avec des arbustes aussi haut que moi. Si le phénomène s'accentue, on pourra, comme dans le lit du Niger, (les 2 fleuves ressemblent beaucoup), y mener paître les vaches. Mais qui a encore 2 ou 3 bêtes à mener au champ chaque jour? Pendant cette sortie,  j'ai surtout vu des pépinières produisant graines fleurs et arbustes ainsi que des champs de maïs avec des arroseurs d'une longueur démesurée.

Sur l'autre rive, beaucoup plus sauvage, les "boires" sortes d'étangs laissés par la Loire à la fin de l'hiver ont disparues, devenues prairies elles aussi. 

Décidément, quand on aime ce fleuve depuis 85 ans, bien difficile de nier le changement de climat d'autant plus que la semaine passée, je suis allée découvrir la Maine et l'Authion qui ont encore plus piteuse mine! 
Le monde à bien changé, il change chaque jour, mais je ne suis pas sûre que ce soit pour le bien des générations futures.

03/09/2017

Evolution de l'enfance et de l'école au fil des ans!

Voir la méthode syllabique comme panacée pour remédier à tous les problèmes de l'éducation me semble ridicule. Le monde a changé les enfants ont changé, leur vie n'a rien de commun avec celle des petits élèves d'il y a cinquante ans. Et ils n'attendent plus grand chose de l'école car les informations fusent de partout jour et nuit par des tas de canaux differents. Ma fille a dit un jour, à propos de ses élèves et de ses enfants: " Notre génération à mis au monde des mutants"

Avant la guerre.Les élèves de ma mère, mes copains d'école, habitait presque tous dans des fermes sans électricité sans radio sans téléphone et sans moyen de transport bien sûr. Leur seul éveil c'était l'école. Quand ils y arrivaient le matin ils avaient parcouru plusieurs kilomètres à pied parmi les chants d'oiseaux avec les animaux des bois et des prés comme compagnon. Avant de partir ils avaient "pansé" les lapins, donné du grain au poules, souvent habillé et fait manger les plus petits car la mère etait très tôt occupée aux travaux à la ferme.
L'école était pour eux un miracle ils avaient conscience de devenir des hommes, donc " gobaient" et retenait tout ce qui venait de l'instituteur. Et savoir lire était leur désir le plus grand. Ni distraits, ni sollicités par mille choses à la fois, leur attention était soutenue sans agitation. Je me souviens de la cinquantaine d'élèves de 4 à 14 ans qui travaillaient en silence. On ouvrait souvent les fenêtres sur la campagne et c'était le chant des grillons et des oiseaux qui accompagnaient les leçons de ma mère.

Annees 1950/70. C'est moi qui suis dans une école rurale et mes petits élèves habitent souvent bien loin encore (1/3 de ma classe à 2 km et plus), ils arrivent seuls à vélo, autonomes à 4 ans et très responsables. La radio est entrée dans les maisons mais il est rare qu'on l'allume le matin, sauf pour les informations. On demande moins de participation aux enfants de cultivateurs, et les mamans parlent davantage aux petits avant le départ, font lire la page ou réciter les leçons! L'atmosphère familiale est sereine et tranquille le matin et pendant ces années la, je ne me souviens pas avoir eu un bruit dans la classe, sans avoir à élever la voix, gronder, encore moins punir! Car ils ont encore soif d'apprendre et l'école est leur lieu de vie.

Seulement voilà, la télé est arrivée, un divertissement parfait pour les enfants... et un merveilleux moyen de ne plus avoir a s'occuper d'eux, quelle tranquillité pour les parents.
Et dans les classes, on a vu la différence. Pour beaucoup télé au réveil, télé le soir, ce qui a amené les couchers tard et tout voir, les films, les séries! 3 films le dimanche  pour presqu'une moitié de la classe, des CP en 1975, et seulement 2 familles sans télé: un médecin, un ingénieur! Pour eux, c'était un choix!
C'est alors qu'est née l'agitation, suivie du manque d'attention, de tous les défauts de la concentration, et de  l'impression de tout savoir "je l'ai vu à la télé , c'est vrai maîtresse!"
La beauté de la lecture et le désir d'apprendre et de comprendre à peu à peu disparu!

Et maintenant 30 à 40 ans après??? L'école est passée après toutes les distractions, les enfants sont gavés d'images, de sons, d'informations. Les écrans ont envahi leur vie sans leur laisser le temps d'avoir une enfance car, de plus ils sont soumis à un rythme aberrant et parfois inhumain. Leurs parents stressés n'ont jamais le temps.

Et pour y remédier nos dirigeants ont accumulé les réformes sans discernement.
Alors incriminer une méthode de lecture ( méthode qui en plus, n'a jamais vraiment existé) pour expliquer tous les maux de l'éducation nationale me semble un peu simpliste..