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02/05/2020

Journal d'une vieille confinée... contestataire (9) Gouverner par la peur

Je suis l’évolution de cette pandémie par tous les moyens officiels auxquels je peux me fier. Et çà m’amène  a beaucoup de réflexions. 

Le coronavirus tue, c’est  incontestable, mais, d’après les chiffres de l’INSEE il est mort 1000 personne de moins en mars 2020 qu’en mars 2018. Bizarre, il paraît que c’était du à la grippe mais personne n’en avait parlé! Grippe saisonnière donc normale!

Sur le blog « Chroniques libres » d’Yves Ponroy, j’ai lu ceci:

« Nous sommes terrifiés et terrés d’effroi dans nos demeures, tétanisés comme des rats en cage qui attendent la décharge électrique.Les psychoses collectives, ont ceci de  particulier qu’elles annihilent la raison et le bon sens. Plus personne alors ne réfléchit ls chacun répète en boucle toutes les raisons, bonnes ou mauvaises, d’avoir peur »

Le discours anxiogène qu’on nous sert et ressert a chaque instant a peu de rapport avec la gravité de l'épidémie. Mais on a nous prédit l’apocalypse… pourquoi?

On dit que l'épidémie a fait 230 000 morts en quatre mois. J’ai voulu en savoir davantage et me suis aperçue qu'en temps normal il meurt 150 000   à  160000 personnes par jour de par le monde.

En Islande on a testé tous les habitants au coronavirus et on s'est aperçu très étonné, que sur 10 personnes infectées 9 n'avaient ressenti aucun symptôme. Ce qui prouve bien que le virus ne saute pas sur tout ce qui bouge… et ne tue pas tout le monde.

Qui a écrit «  En toutes choses, il faut raison garder!» Aristote soi-disant????

De plus en plus on affirme que plus de 80% des morts du coronavirus avaient plus de 80 ans et souffraient  de plusieurs pathologies. On affirme aussi que la plupart des morts de tous âges sont des obèses!

C’est triste bien sûr,  mais comme, très simplement et en souriant affirmaient les vieux des temps passés «  Il faut bien mourir de quelque chose ». D’ailleurs ma grand-mère, morte de la grippe à 89 ans a dit a ses enfants    « Le plus beau cadeau que la mort me fait c’est de ne jamais avoir été dépendante et d’avoir toute ma tête ». Beaucoup de personnes que j’ai connues remplaçaient la "mort" par …  « Dieu » 

Je me demande  si beaucoup de ces pauvres « épaves », rencontrées dans les Ehpad et qui sont si malheureuses quand elles prennent conscience de leur état, ne penseraient pas un peu la même chose? J' ai même  vu ,un jour, l' une d'elle pleurer 

De plus, une chose me tracasse; A-t-on oublié qu’on peut mourir d’ennui, de solitude, de tristesse. Ca s’appelle « se laisser glisser » Et peur, ennui, solitude et tristesse affaiblissent nos défenses  immunitaires et nous rendent encore plus vulnérables.  Un oubli de plus dans ce confinement: pense -t-on que les maladies chroniques (cancer, Parkinson, sclérose en plaque…) prennent un tour encore encore plus  douloureux lorsqu’on les affronte seul, et qu’on n’a plus rien pour se divertir et détourner l’attention de ses pensées négatives!

Mais maintenir la peur pour obtenir l’approbation de la population peut être une manière de gouverner bien facile qui permet de faire passer beaucoup de choses.

28/04/2020

Journal d'une vieille confinée... contestataire (8) Faire mal ... sans le vouloir!

Il y a quelques jours je voulais proposer un petit florilège des phrases prononcées envers des personnes âgées, phrases que lesdites personnes avaient fort mal reçues. Certaines ont été dites dans la vie courante, d’autres en EHPAD, d’autres par des médecins. J’ai connu tous ces gens choqués et se sentant humiliés.

En voici quelques unes:
- Petit échange entre un médecin et une patiente à qui on venait de découvrir une pathologie., sans doute grave:
« Voulez vous m’expliquer, docteur ». Réponse: « ce n’est pas la peine , vous ne comprendriez pas ».
Bien sûr... une femme et vieille de plus!

- Un autre échange
« Et bien, Monsieur, combien prenez vous de médicaments par jour? » «  Aucun, docteur ». «Allons, Monsieur, ne mentez pas, vous prenez forcement quelque chose! »
Parçe que, voyez vous, tous les vieux prennent 10 médicaments au moins par jour ( c’est hélas vrai pour beaucoup) et mentent sans doute.

- Après l’achat de matériel informatique, une femme âgée retourne au magasin pour faire une remarque. Le vendeur ne l’accepte pas et la renvoie en disant qu’elle ne peut rien savoir. Sauf qu’elle faisait, par passion, depuis une quinzaine d’années, de l’Informatique en club!

Et venons en aux tests qu’on fait passer aux vieux en certaines circonstances.
- Après un AVC, une amie passe une batterie de tests et s’entend féliciter chaleureusement «  Oh comme c’est bien, vous avez réussi » Réponse cinglante «  oui, ce sont des tests pour déterminer si l’enfant est apte à entrer en CP »

- Une voisine, bien malade, a qui on avait présenté un cercle avec les chiffres de 1 à 12 avait été aussi félicitée car elle avait affirmé que c’était une pendule et encore plus chaudement d’avoir su placer les aiguilles sur 14h40! Mais elle le racontait en riant. Différence de sensibilité!

- J’ai suivi un ami en Ehpad après la mort de sa femme. Il s’est laissé couler et est mort en quelques mois sans avoir réussi à s’intégrer. Je lui avait conseillé de participer aux activités. Premier essai avec la belote... verdict sans appel «  ils ne savent pas jouer et ils trichent ». Essai du Quiz à l’heure du goûter, nouvel échec «  ça sont des questions pour gamin de 8 ans » et il est mort.

 - Et que dire de celle que j’avais bien connue, entrée en Ehpad à 95 ans, qui a tenu un petit carnet jusqu’à son dernier jour, petit carnet ou une phrase a fait beaucoup de peine à ses proches. Cette femme de valeur, érudite en tant de domaines, avait ecrit :
« Qu’ai je fait pour mériter d’être appelée méchante mémère ? »

.J’ai beaucoup réfléchi à tous ces cas. Je ne pense pas à de la méchanceté délibérée. On manque de notions de psychologie et on ne veut pas comprendre que tous ces gens ont mené une vie difficile souvent de main de maître et vivent mal d’être devenu «  invisibles » et « rejetés »à cause de leur âge.
Dans notre société, hélas, on a peu à peu, depuis la guerre, érigé le jeunisme en loi, estimé qu’être jeune était impératif et que passé un certain âge, on devait se mettre, ou nous mettre «  dans un placard ».

Et je vais terminer par une histoire d’enfants des années 1960. Dans ma classe de village ou j’avais les enfants de 4 ans à 8 ans, on votait pour élire la photo que je mettrais au dessus de mon bureau pendant l’ année. Cette année la, mes élèves ont eu à choisir entre 3 portraits: une petite fille aux tresses blondes, une vedette américaine ultra «  retravaillée » et un vieux marin breton au visage buriné avec pipe et casquette. Que croyez vous que les enfants ont choisi? j’ai moi même été très étonnée... le vieux marin breton. Très drôle, les garçons auraient plutôt choisi la petite fille, quelques filles la vedette, mais beaucoup m’ont dit «  Il est beau, le vieux grand-père » . Et il a passé l’année dans un cadre au dessus de mon bureau!
Je ne suis pas sure que le choix de la génération actuelle serait le même.

 

26/04/2020

Journal d'une vieille confinée... contestataire (7) Un très beau texte!

En ces temps de confinement, donc de lecture, je reprends un livre que j'adore " l'Eloge de la fausse note" de Marc Vella! Je connais Marc Vella et son piano nomade depuis longtemps, ayant suivi avec passion sa "Caravane Amoureuse", expérience d'une musique vivante a la portée de tous, dans tous les pays du monde.La préface de son livre a été écrite par Pierre Richard et on la croirait faite pour ces temps de coronavirus, une analyse de notre monde  lucide, intelligente avec une pointe d'humour. J'ai envie de partager ce passage sur mon blog!

"Je n'aime pas les faux-culs, les faux-fuyants, les faux sentiments, ni les faux semblants, les faux cis et les faux problèmes, mais je dois me reconnaître un penchant pour les faux pas et les fausses notes.

Je m'explique… Imaginons un petit matin brumeux. À la sortie d'une bouche de métro, une foule grisâtre comme le ciel se répand sur la chaussée avec la rectitude d'une armée en marche : hommes, femmes, la tête basse, se précipitent sans joie vers leur labeur quotidien.

Et voila que l’un d’entre eux, appelons-le Philippe, lève la tête pour lancer un clin d'œil à une étoile qui s'est attardée entre deux nuages avant d'aller se coucher. Ce faisant, il loupe la marche du trottoir et s'étale comme une crêpe au beau milieu d'une flaque d’eau boueuse. 

Tout autour nos petits soldats se désunissent. L’un d’eux exécute un pas de côté, bien obligé pour ne pas piétiner l'inconnu. Vous entendez bien, un pas de coté! dis-je.  Lui dont le trajet se répète, tout les matins immuable et précis comme celui-là wagon sur ses rails, le voilà qui s'écarte. Un autre ne peut s’empêcher de sourire, Un troisième moins hypocrite s’esclaffe : un homme qui s'aplatit bruyamment sur l'asphalte ça se déguste!

Et voilà qu'enfin un autre lui tend  la main pour l'aider à se relever.

 Alors moi je dis: merci Philippe! Votre chute a perturbé ce monde trop bien ordonné trop formaté. Elle a bouleversé l'ordonnance d'un quotidien robotique.  Et un robot qui sourit et vous tend le bras a forcément une âme. …

Ah si, quand tout le monde se casse la gueule par ci, par là, on pouvait prendre le temps de se regarder, de se tendre la main... celle du cœur.

 Alors vive les chutes ! La chute d’un empire, d’un dictateur, du dollar,du Niagara ou tout simplement celle d'un clown qui se relève  et se frotte les fesses en glapissant «  Ouille! Ouille! Ouille! »