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30/08/2015

Réflexions sur la connectique et la vie des seniors

Une de mes amies, victime d’un  AVC, vit depuis plusieurs années dans un fauteuil roulant, mais sans aucune déficience cérébrale. Elle surmonte son handicap avec sérénité et bonne humeur aussi, l'autre jour, j’ai été étonnée de la trouver amère et découragée. C'est avec acrimonie qu’elle m’a expliqué la raison.

Un beau matin l'infirmière est arrivée avec un pilulier électronique qu'elle devait lui installer. Mon amie a objecté qu'elle avait toujours géré son traitement elle-même et qu'elle ne voyait pas pourquoi il fallait lui enlever cette responsabilité. L'infirmière a admis qu'elle n'avait effectivement jamais fait d'erreur mais, qu'elles n'avaient le choix. ni l’une ni l’autre. Mon amie a expliqué que préparer ses médicaments de la journée etait son premier travail  et que cela lui donnait l'impression d’exister encore, mais elle a du accepter.

Depuis, plus rien a faire le matin, sinon obéir a sa « boite », plus de médicaments à acheter, plus de  rencontre avec son pharmacien puisque c'est un inconnu qui vient remplir et mettre à jour le fameux pilulier. Difficile pour elle d’accepter qu’on la considère comme  une irresponsable,  dont on surveille à distance les actions et elle a envie, m’a-t-elle dit, de casser la « boîte qui s'arroge le droit de diriger sa vie »

 

Frustrée mon amie ? Beaucoup plus que cela, …  humiliée, indignée … et peinée qu’on la considère comme incapable de gérer ses médicaments alors qu'elle n'a pas de handicap mental. 

J’ai abondé dans son sens car je pense comme elle! Au motif de simplifier la vie des personnes âgés, on les infantilise, on les dépersonnalise, on leur enlève leur dernière emprise sur la société et sur leur vie et on leur supprime leur dernier rôle social, Devenir un objet qui n’a pas à penser,  qui obéit à une machine et dont on surveille de loin tous les faits et gestes est difficile et me semble inacceptable.

Lorsque j’avais découvert Kompaï le robot européen, destiné à  aider les personnes âgées, un de mes amis m’avait bien: « Si un jour, on ne propose çà, je prends un marteau et je l’écrase ». Il avait eu la même réaction que mon amie pour le pilulier. Pourtant, testé dans des maisons de retraite, il a parait-il, été bien accepté et traité presqu’en animal familier. Là encore je crois que je n'accepterai pas ce robot sauf si j'étais devenue un "légume"! 

 

Je suis sure  que l'informatique, la robotique, permettent une grande avancée dans la surveillance des personnes qui sont vraiment dépendantes. Pour les autres à quoi bon les rendre dépendantes avant l’heure en leur enlevant tout ce qui fait d'elles un « être pensant ». N’oublions pas que ne plus avoir à réfléchir, retenir, agir fait plonger dans la maladie Alzheimer et la sénilité avant l ‘heure

 

J’ai beaucoup réfléchi à la question. La majeure partie de ma  génération a été élevée dans le sens des responsabilités. « Réfléchis bien avant d'agir, prends tes responsabilités, et assume les conséquences de tes actes », voici ce qui était l'essentiel de notre éducation. Et c’est ce que j’ai inculqué à mes petits élèves de CP pendant plus de 30 ans. J'ai bien ri le jour où, un de mes ancien élève , qui avait plus de 50 ans m'a dit qu'il lui restait de moi  2 phrases: " Réfléchis avant d'agir" et "Pense aux conséquences de tes actes"

Jusqu’à l’ère de l’informatique, on savait agir seuls, et on apprenait  à se débrouiller seuls dans la plupart des circonstances de la vie. Dès notre enfance, nous nous déplacions seuls, agissions intelligemment aussi bien dans une maison qu'à l'extérieur . Et nous n'avions pas besoin d'un GPS, d’un bracelet ou d'une montre connectée pour nous surveiller lorsque nous  étions loin nos parents.

 

Maintenant la société est informatisée, connectée de telle manière qu'on infantilise et qu’on déresponsabilise non seulement  les personnes âgées, mais tout le monde et les enfants en particulier.

« Tu n’as plus besoin  de réfléchir, regarde ton smartphone », voilà le credo! Le nombre de pas faits dans la journée, la quantité et la qualité de nos aliments, les achats a effectuer, comment on doit réagir en telle ou telle circonstance, tout doit être  déterminée par notre nouveau Dieu....  Smartphone.

«  Obéis et tais-toi! », c’est, paraît -il un progrès et une évolution bénéfique. J'ai peine à le croire

Née à l'êre de l'ordinateur, la génération nouvelle acceptera  cette dépendance avec plaisir, sans comprendre qu’on devient ainsi un gentil petit robot malléable, sans repaire hors de ses objets connectés,  Pour la plupart des vieux nés avant guerre, il y a quelque chose de choquant de devoir abandonner bon sens, réflexion et pouvoir de décision  aux mains d’une application destinée à nous empêcher de penser en agissant à notre place.  

 

Je suis passionnée par l’nformatique, la robotique, la domotique depuis 30 ans, et je continue à l'étudier chaque jour, abonnée à la version électronique de plusieurs revues. J'apprécie les possibilités énormes qu'elle offre au monde, mais j’aimerais bien, tant que je garderai mes facultés mentales, ne pas dépendre d’un objet connecté,  et continuer a prendre mes décisions en fonction de ma réflexion sans aliéner ma liberté et mon pouvoir de décision. Et ce choix me semble de plus en plus aléatoire!

02/08/2015

Plongée dans la France rurale

Et oui, nous sommes repartis! Cette note à été écrite le 30 juillet, quand sera-t-elle publiée? je la confie à Internet mais, à nouveau, nous alternons zones et grises ( 1barreau Edge) et zones blanches ( "vous n'êtes pas connectés à Internet. Réessayez".... Merci du conseil!)

Pas envie de mer, de foule, de tourisme de masse, donc nous avons pris le chemin des Charentes et du Limousin dans cette campagne si belle où nous nous retrouvons, avec étonnement presque seuls.

Et selon notre habitude,  nous passons de nombreuses heures sur nos vélos pour découvrir de villages en villages, églises,  châteaux, sites  gallo-romains, et une infinité de petites curiosités qui pimentent les kilomètres souvent si durs dans cette région très accidentée.

Nous sommes partis depuis trois jours et je traîne déjà une nostalgie latente  du passé. Pas si lointain ce passé  car lorsque j'ai commencé, seule le CCar, il y a 30 ans, j'ai souvent parcouru cette région et posé les  roues de mon fourgon sur ces places de marché ou d'églises.

Le temps a passé, la campagne se  dépeuple, les villages se meurent. Nous étions hier à Chirac, joli petit village qui met à la disposition des camping-caristes une aire de service avec un parking où tout est gratuit y compris l'électricité et ceci à deux pas de la mairie et d'un joli petit parcours de promenade. Accueil sympathique des 2 employees de la mairie/office de tourisme  qui m'expliquent  que l'école est fermée malgré un ramassage scolaire gratuit, que la tentative d'ouvrir un bar tabac épicerie restaurant à échoué deux fois malgré la mise à la disposition des locataires de locaux bien accueillants, en face de la salle polyvalente et qu'il n'y a ni artisan, ni commerçant, ni producteur!

Sur la porte de nombreuses maisons fermées, on lit  le panneau "à vendre". Quant aux fermes abandonnées,  il n'y a même pas "à vendre" la maison , les dépendances se dégradent,  s'effondrent peu à peu  alors que parfois, des instruments agricoles rouillent dans les cours. Pas de repreneurs! Pourtant de nouveaux lotissements se construisent, ce sont des "rurbains", qui travaillent  ailleurs, emmènent leurs enfants à l'école ailleurs et ne font  pas vivre les villages.

J'aimerais acheter dans ce village ou tout le monde nous parle et nous sourit, mais il n'y a rien! À notre départ un homme  qui travaille dans son jardin nous fait un grand signe de la main avec un sourire, nous n'avons pas l'habitude  de ce comportement quand nous quittons nos Parkings. 

Et nos balades à vélo nous font découvrir aux alentours de nombreux villages de ce type, où la municipalité met pourtant tout en œuvre pour garder le village vivant, sans succès.

Que va devenir cette civilisation rurale qui a été si dénigrée et qui recelait une telle richesse.... bon sens, convivialité, entraide, connaissance et respect de la Nature,   une vie ou les individus avaient leur place.

 Et combien je comprends la colère des agriculteurs qui n'ont plus leur place dans une société pour qui les animaux sont devenus du minerai et oû le bétaiĺ entassé par centaines, parfois milliers de bêtes, pucé et connecté n'a d'existence qu'en terme de rendement! 

Il me souviens de la découverte, il y a quelques années, d'une grande et superbe ferme abandonnée en haut d'un mamelon avec une vue superbe sur ses terres environnantes! Sur le mur longeant la route des plaquettes fixées les unes à côté des autres " grand prix du Comice agricole" et ce des années d'après la guerre de 14 jusqu'aux années 2000! Abandonné et ruiné ce travail de toutes ces générations, qui ont façonné et entretenu la Nature en la respectant. 

Et je trouve cela bien triste.

 

24/07/2015

Et si on reparlait des réfugiés climatiques?

Encore aujourd'hui deux informations se télescopent et se contredisent. On a appris qu'en 2014, il y a eu 13,9 millions de personnes déplacées à cause des conditions climatiques. 

D'autre part une famille vivant a Kiribati mais dont tous les membres ( parents et enfants) sont nés en Nouvelle-Zélande, s’est vue refuser l’asile au titre de réfugié climatique et ce, dans son propre pays.

 

 Ioane Teitiota, 38 ans, réclamait ce statut au motif que lui, sa femme et leurs trois enfants, couraient un péril mortel aux Kiribati.Des zones entières de l’archipel, une trentaine d’atolls coralliens dont la plupart dépassent à peine le niveau de l’eau, sont, de fait, régulièrement envahies par l’océan. L’érosion grignote les rivages, et les récoltes s’appauvrissent en raison de l’infiltration d’eau salée dans les réserves d’eau douce.

La cour Suprême de Nouvelle Zelande a refusé de l’accueillir au nom de refugié climatique estimant « qu’il avait un defi à relever mais ne courait pas de réel danger! »

 

Les iles Kiribati! j’en ai dejà parlé quand leur président parcourait vainement le monde à la recherche d’une aide des gouvernements riches, parmi ceux qui ne risquent pas de voir leur pays englouti par les eaux. En vain!

La quasi totalité des iles de cet archipel culmine à quelques mètres au dessus du niveau de la mer et elles sont destinées à disparaitre.  Le gouvernement est en pourparlers avec celui des iles Fidji afin de leur acheter quelque 2000 hectares de terre. La population serait alors transportée sur leur nouveau territoire, situé à environ 2 000 kilomètres de distance. Le président a évoqué aussi le transfert de la population enAustralie ou en Nouvelle Zélande.
Or, la première demande, effectuée par un père de famille d’origine néo zélandaise est refusée! Cela inaugure bien de l’avenir!

 

Il y aura d’après l’ONU 250 millions de réfugiés climatiques en 2050! Une personne déménage chaque seconde à cause des changements climatiques, affirme l’ONU! Les Maldives, le Bangladesh, l’Afrique avec l’avancée de tous les déserts… dans toutes les régions de la Terre, des êtres humains par millions sont concernés. Ces « réfugiés » n’ont aucun statut juridiques au niveau du droit international. 

 

Or, ils sont 3 fois plus nombreux que les réfugiés des guerres! Que va-t-on en faire  dans les décennies a venir?   Quand on crie «  on est chez nous » et combat l’entrée de quelques migrants qui traversent la Méditerranée, on se demande  comment faire avancer le problème. 

 

Je sais, lorsque je parle de çà autour de moi , on me rétorque «  Mais çà ne te concerne pas , il y a longtemps que tu ne seras plus là ». C’est vrai, mais cet égoïsme de tant de nos concitoyens me semble monstrueux.

Notre génération est sans doute responsable du désordre de notre planète! Nous avons mis des enfants au monde, nous les aimons, nous ne pouvons nos  désintéresser du monde que nous leur laissons. Ne peut-on pas penser que les autres sont aussi des êtres humains, avec les mêmes sentiments que nous, les mêmes droits à la vie sur notre planète…. et qu’il faudrait les accueillir.

 

Je  vois mal partis  les 250 millions de refugiés prévus par l’ONU,  tensions,  guerres,  massacres, que peut-il se passer d’autre si personne n’est prêt à leur consentir une petite place ?