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19/12/2015

Voir le film "Demain", c'est espérer un monde meilleur!

Une vision positive du futur, voilà ce que veut nous montrer le film "Demain." En exergue la phrase de Rob Hopkins, enseignant britannique en permaculture et l'initiateur du mouvement des villes en transition: « Nous passons notre temps à faire des films ou nous sommes éradiqués par des zombies, des bombes nucléaires, des épidémies, des robots, de petits gremlins… Nous adorons çà! Mais où sont les films qui parlent du contraire? ceux où nous nous rassemblons et où nous résolvons les problèmes. Nous n’en avons pas vraiment. »


Le film-reportage réalisé par Cyril Dion ( créateur avec Pierre Rhabi du Mouvement Colibris) et Mélanie Laurent nous fait réfléchir et nous invite à agir concrètement en nous montrant qu’aux quatre coins de la planète, face aux urgences, des initiatives positives commencent à transformer le monde… Il a pu être tourné grâce au crowfunding et plus particulièrement au site participatif kisskissbankbank et à la générosité de 10266 donateurs.

Le film devait être en salle pour la COP21, il a été présenté le 2 décembre.
Je l’ai vu le 3 et je pense que tous les spectateurs sont sortis comme moi avec un grand sourire et une bouffée d’espoir au coeur!


5 thèmes, agriculture, énergie, économie, démocratie et éducation,nous sont présentés dans 9 pays qui nous montrent une société plus équitable et plus respectueuses de la diversité. Tout le monde peut aider à réaliser ce changement radical, sans distinction de pays, de ressources, de culture, d’ethnie, de religions, de différence quelconques. Comme il sera sympathique le monde de demain si rien ne vient entraver ces projets.


  Pendant quatre mois, caméras et sacs en bandoulière, « ils se rendent  à San Francisco où 80 % des déchêts sont recyclés, en Finlande, dans une école où le système éducatif est basé sur l'écoute, où les élèves circulent librement en classe, à Copenhague, ville principalement alimentée en énergies renouvelables (et qui vise l'autonomie complète), où les pistes cyclables et les trottoirs prennent plus de place que les routes... à Todmorden en Angleterre, où les habitants ont mis en place le système des Incroyables comestibles : ces fruits, légumes et aromates plantés, soignés et récoltés un peu partout dans la ville par les habitants transformés en jardiniers citoyens. ( J'ai eu l'occasion de voir dans certaines petites villes françaises ces bacs cultivés, entretenus par tous avec infiniment de respect!). Ils se rendent aussi aux Etats-Unis, à Détroit, où ils partent filmer des agriculteurs urbains qui se sont approprié des terrains abandonnés, délaissés par l'industrie automobile, pour y cultiver la terre »


Cyril Dion est persuadé que le changement de culture et la prise de conscience globale du danger qui nous guette est véritablement en cours. «Pendant deux heures, le film nous plonge dans l’univers des héros des temps modernes, ceux qui expérimentent déjà un nouveau mode de vie, de nouvelles façons de cultiver, d’enseigner, de produire de l’énergie, d’échanger ou de vivre en démocratie. »


Je ne verrai pas ce monde nouveau mais pour mes petits enfants et leurs descendants, j’espère que la génération des adultes des années 2015 va prendre -enfin- conscience qu’il faut tout changer.


J'ai évoqué l'importance du  film autour de moi, personne n'en avait entendu parler! Il est vrai que le monde entier n’est préoccupé que de Stars Wars et des millions de spectateurs, gavés d’une publicité indécente et formatés pour ne plus réfléchir, ne vont pas avoir d'autre priorité que de s’y précipiter. ( en fait la première journée, ce film a rapporté 120 millions de dollars)!

Pour "Demain", on annonce aux environs de 100 000 entrée la première semaine en France. Je trouve que ce n’est pas si mal car il a été présenté dans de très petites salles, plus ou moins « d’art et d’essai ». Espérons donc qu'il aidera beaucoup de Français à réfléchir sur leur devenir!

09/12/2015

Petites nouvelles de la Nature en décembre

4 décembre 2015, 14°, temps de rêve, doux et sans vent. Une petite balade à vélo le long et autour du canal de Nantes à Brest nous semble particulièrement indiquée!
C'est ainsi que nous parcourons près de 50km dans une campagne printanière, accompagné de chants d'oiseaux, non pas les cris d'hiver plutôt monocordes, mais des piaillements gaiement modulés. Passionnée depuis ma plus tendre enfance de botanique, je suis toujours à la recherche des humbles fleurs de nos campagnes. Et ce que je constate m'effraie un peu. Pauvre Nature malmenée par un réchauffement qu'il est difficile de nier maintenant.


Les dernières fleurs d'automne continuent vaillamment à fleurir, ce qui est normal puisque la température est douce. Les fleurs d'été ont poussé de nouvelles tiges et refleurissent. Bel exemple, les grandes marguerites émaillent une herbe tendrement printanière, pétales un peu .... chiffonnés mais bien dressées en haut de nombreuses tiges. Quant aux fleurs de mars, elles sont déjà là, paquerettes en tête! Et combien d'autres, moins connues, que je n'énumérerais pas et qui devraient dormir sous terre pour encore quelques mois.
Il suffit de lèver les yeux, pour découvrir le symbole de février, l'ajonc, qui partout illumine les haies de ses fleurs jaune vif. Un mimosa épanoui a cru aussi l'hiver fini et une épine noire a timidement ouvert quelques fleurs.
Quant aux haies taillées il y a si peu de temps, elles sont couvertes de nouvelles feuilles, d''un vert si tendre!
Et dans les jardins, tous les vivaces coupés à ras terre en novembre ont fait de nouvelles pousses, celles des valérianes ont déjà 10cm de haut.

J'ai envie de dire à toutes ces fleurs que ce n'est pas le printemps et les mettre en garde.


Le 17 novembre 2013, j'avais écrit sur mon blog l'histoire de mon "arbre extraordinaire", un pommier d'ornement, que j'avais photographié, superbe photo avec des feuilles rouillées et des jeunes pousses d'un vert éclatant, des pommes rouges et des fleurs épanouies sur un fond de ciel bleu. C'était très beau, les 4 saisons sur le même arbre. Hélas, j'ai dû le faire abattre cette année, il mourait branche après branche, ne s'étant jamais remis de son exploit!
Il y a 2° ce matin et toutes ces plantes ne résisteront pas si le froid s'installe. Comme je plains la nature de devoir s'adapter à ce réchauffement inédit.


Mais je ne pense pas que ce sujet retienne l'attention! Des fleurs , des insectes et des animaux en moins grand nombre, ça n'intéresse que 3,5% des Français. Et puis, c'est si agréable d'avoir chaud en décembre. Quelle Terre laisserons nous a nos enfants? Il ne semble pas que ce soit le sujet le plus important.

 

27/10/2015

Une découverte bien sympathique: les prud'homies de pêcheurs méditerrannéens

C’est lors d’une balade sur le port de Sanary que j’ai découvert, le mois dernier  un bâtiment sur lequel j’ai lu: « Prud’homie de Sanary ». Je connaissais les «  Prud’hommes », je me suis demandée ce que ce terme « prud’homie » pouvait recouvrir ici et Google m’a permis de découvrir une très ancienne et très intéressante institution. Qu’elle vive encore après plus de 1000 ans, malgré les aléas et les interdictions qu’elle a rencontrée au cours des âges est une raison d’espérer que le monde peut rester humain et plus juste, si les hommes le veulent vraiment!. 

Issues des communautés de métiers du Moyen-Age, les prud'homies de pêcheurs sont des institutions qui encadrent  la gestion de l'ensemble des ressources marines vivantes sur tout le littoral méditerranéen français.Ces communautés de patrons pêcheurs élisent des Prud'hommes chargés de gérer la pêche sur leur territoire, par des attributions réglementaires, juridictionnelles et disciplinaires.

Les décisions sont fondés sur le respect de la personne et des générations futures. 

« Tout le monde doit pouvoir vivre de son métier (ou le soleil se lève pour tout le monde). Il faut éviter qu'un métier n'en chasse un autre... Un métier, il vaut mieux le réglementer que l'interdire par rapport à ceux qui en vivent... Si la pêche est perdue pour un pêcheur, elle ne doit pas l'être pour tout le monde... Il faut laisser reposer les espèces, ou les «pierres » alternativement (une sorte de jachère)... La mer, il ne s'agit pas de la vider mais d'en bien vivre et d'en laisser à ses enfants »

De bien beaux principes qui détonent à notre époque! Et çà marche: a Sanary, il y a 13 patrons pêcheurs et 4 matelots élus  pour gérer localement, avec simplicité, rapidité, et à moindres frais, l'activité de pêche et les conflits qu'elle occasionne, pour préserver des zones marines, pour conserver un modèle de gestion des pêches qui a fait ses preuves dans le temps...

Le chalutage est interdit au même titre que les filets trainants Le nombre de captures est plafonnée par bateau. Les jeunes sont protégés par la taille minimale des mailles et hameçons. Les temps de trempage des engins dans l'eau sont plafonnés également. Les zones de frayères sont protégées, des périodes d’arrêt de pêche instituées. 

De plus, les prud'hommes sont attentifs à la situation individuelle de chacun des membres de la communauté : soutenir les jeunes, les pêcheurs retraités, les veuves, ceux qui ont des soucis (santé, matériel, autorisation administrative...). Le soutien, selon les cas et les possibilités, peut être financier, administratif, institutionnel.

Rue 89, qui a écrit un article très documenté,  titre « Une autre vision du travail, de la propriété et des relations sociales. Et le fondement d’une révolution ? ».  Il y a une trentaine de prud’homies, des microsociétés d’artisans-pêcheurs similaire le long de nos côtes, pourquoi ne se généraliseraient -elles pas? Beaucoup pensent comme eux que « « La mer n’appartient à personne. Le libre accès à la ressource devrait être la règle et les pêcheurs, se règlementer eux-mêmes. Bruxelles, c’est des quotas, des licences : on privatise la mer. »

Mais les prud’homies préférant valoriser des quantités limitées et diversifiées sur un marché local bien achalandé plutôt que de vendre de grandes quantités à bas prix contrecarrent l’industrialisation des pêches et le productivisme et doivent lutter contre les directives nationales et européennes, souvent  sans être entendus, encore moins comprises. 

 

Pourtant elles démontrent que les choses peuvent changer et que l’industrialisation de la pêche n’est pas une fatalité.