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04/03/2016

Oui la "révolte de paysans" est logique et juste!

Devant ma télé hier, j'ai ri en voyant, au Salon de l’Agriculture, les prétendants à l'investiture des Républicains se suivre les uns derrière les autres, un grand sourire aux lèvres, serrant les mains des agriculteurs. Aujourd'hui ce sera Juppé, demain d'autres, venant de tous horizons politiques, tous essayant de s'attirer les bonnes grâces du monde paysan en affirmant, le coeur sur la main, les comprendre , les soutenir et les aider. Ridicule et consternant!

D’ailleurs ce salon est le symbole de l’hypocrisie et de la manipulation! Il est consternant de le voir placé sous le signe des grandes enseignes industrielles et commerciales. Car ce sont elles qui s’enrichissent mais elles qui ruinent a petit feu les agriculteurs, elles qui ont créé cette société où le vrai paysan ne peut plus vivre.

Tout cela sous la bannière de Xavier Beulin, président de la FNSEA, responsable en partie de l’état ou se trouve l’agriculture française. Son autre casquette est la présidence d’Agri-Sofiprotéal: 7 milliards de chiffre d’affaires, 150 sociétés, 22 pays dont les pays du Magreb où il pratique l’accaparement des terres pour le développement de la production d’huile de palme et d’agrocarburants au détriment de l’environnement et de la sécurité alimentaire des populations locales. Le holding de Beulin est partout, huiles, oeufs, viande, volaille, alimentation animale, biodiesel, cosmétiques, peintures, polyuréthane huile de palme, semences OGM, et par dessus tout l’agriculture industrielle. Un vrai inventaire à la Prévert! Et je ne suis pas sure d’avoir tout comptabilisé. Ah! j’oubliais, il est parfois paysan… gros céréalier dans le Loiret! Cela fait de lui un des hommes les plus riches de France, influent au point d’obtenir ce qu’il veut du gouvernement par le lobbiyng de son groupe et …. c’est en lui que les petits paysans acculés si souvent au suicide voient un Sauveur! Aberrant!

Car les paysans se suicident de plus en plus. Le 11 novembre 2015, un maraîcher breton a érigé 600 croix blanches devant la basilique ND d’Auray, a la mémoire des 600 suicidés de l’année! Dans son Manifeste il affirmait: «Plus de 600 agriculteurs par an se suicident, soit environ deux personnes par jour, l'équivalent de quatre Airbus (crashés) par an. Ce chiffre est plus de trois fois supérieur à la moyenne des autres catégories socio-professionnelles. … Le suicide est la troisième cause de mortalité dans le monde agricole après les cancers et les maladies cardio-vasculaires». ( et encore les cancers sont souvent dus aux produits employés en agriculture)

Il y a peu de temps, j’ai lu «  Lettre à un paysan sur le vaste merdier qu’est devenue l’agriculture » de Fabrice Nicolino. L’éditeur explique « Dans cette lettre à un paysan de 90 ans, Fabrice Nicolino revient, avec la verve, la précision et la limpidité qu'on lui connaît, sur les révolutions qui ont ébranlé l'agriculture : la standardisation à outrance et la mécanisation des cultures et de l'élevage, l'utilisation des pesticides et des engrais, l'influence grandissante des ingénieurs agronomes, le remembrement des terres, la limitation des semences, la mise de l'agriculture au service de l'industrialisation. Et aujourd'hui, le braquage des terres à l'étranger pour pallier le manque de surface agricole. Il déplore ces "commandos français venus de l'Inra, de la recherche, de la haute administration, du syndicalisme paysan officiel" qui, "enivrés d'Amérique", ont sauté "sur les campagnes, fusillant sans jugement quelques millions de paysans", "enfermant à triple tour veaux, vaches et cochons, inondant les champs de nouvelles molécules chimiques, et finissant la journée en se tapant dans le dos de contentement."

J’ai vécu familialement cette évolution et le livre m’a beaucoup touchée car j’ai reconnu la justesse de beaucoup de faits énoncés.
Je suis fière d’être la petite-fille d’un petit paysan vendéen et la nièce d’un oncle qui affirmait « être pèsant 200% et fier de l’être ». Dans les années 50, le dit oncle a entraîné mon grand père avec qui il travaillait a suivre la voie du «progrès », un mot magique qui l’obligeait à voir de plus en plus grand, de plus en « rationnel » donc à devenir MODERNE, le Maître Mot de l’époque . Que s’est-il passé? peu à peu les directives de la coopérative ont été abandonnées pour une polyculture qu’on appellerait « raisonnée ». Et à 93 ans, mon oncle, devant son poste de télé, un jour de 2004, s’est mis en colère en me disant «  Vois tu, les paysans d’aujourd’hui sont plus des paysans! » et devant mon air interrogateur a ajouté «  Oui, car il ne connaissent plus la terre et ne la respectent pas! »
Je crois, comme le dit Fabrice Nicolino que la disparition des agriculteurs a été voulue et programmée, mais il y avait sans doute moyen de le voir et de réagir avant d’en arriver au suicide!

01/03/2016

Terra Eco! un magazine à faire connaître pour l'aider!

J’ai besoin ce matin de reparler de Terra Eco. J’avais relayé dans ce blog l’appel au secours de ce journal atypique qui a été placé en redressement judiciaire en juillet 2015. Le directeur Walter Bouvais pensait qu’avec 2000 ou 3000 abonnés de plus, le journal pouvait devenir rentable. Mais endetté et déficitaire, il a lancé en janvier un appel d’offres pour trouver un repreneur ou un nouveau partenaire! Et son sort doit être scellé des quelques jours.

Le Manifeste de la rédaction est pleins de phrases qui m’avaient semblées fortes et sensées, , mais tellement décalées de la réalité de notre triste monde! Difficile de trouver une analyse plus juste de ce que devrait être une société humaine.  En voici des extraits:
« Partout, émergent de nouvelles formes de solidarités économiques, sociales et environnementales. Partager plutôt que posséder, rassembler plutôt que diviser, renouveler plutôt qu’épuiser : les piliers sur lesquels reposaient notre société basculent un à un…. Depuis deux cents ans, l’humanité court derrière des utopies insoutenables, qu’elles se nomment néolibéralisme ou communisme. Le tarissement des idéologies a fait resurgir du passé les fanatismes religieux et nationalistes, renforçant la xénophobie, encourageant les discriminations de tout ordre. ( Cette phrase est prémonitoire, regardons autour de nous). A cela s’est ajoutée l’inertie de la communauté internationale, incapable de traiter les questions d’environnement et de répondre aux périls climatiques… La vitesse de l’information est aujourd’hui fulgurante. Terra eco ne veut pas jouer à cette course insensée qui participe à notre abêtissement à tous. L’immédiateté est l’ennemie de la réflexion. Demain, Terra eco trouvera sa voie dans l’approfondissement de l’information plutôt que dans son accumulation…Terra eco ne croit pas dans le culte de la croissance économique sans limites. Terra eco refuse de placer dans les sciences l’espoir d’un remède à tous nos maux. Terra eco mise sur l’intelligence humaine ouverte sur le monde entier …. Terra eco doit être libre, affranchi des pressions extérieures, qu’elles soient politiques, financières, économiques ou publicitaires. »
Ce manifeste signé d’Edgar Morin, Jacques Perrin, Nicolas Hulot, Yann Arthus Bertrand et tant et tant d’autres personnalités connues, n’a pas eu grand retentissement!

Mais pourquoi appeler un journal «  le magazine du développement durable » ? quand on voit chaque jour un peu plus, le développement durable être rejeté des politiques et des décideurs du monde entier et de plus en plus de tous bords, hélas! L’écologie a été vidée de son sens, puis humiliée, et maintenant niée… l’ecologie  çà fait assez, le nucléaire, c’est bien bon, le gaz de schiste on salive ne y pensant et la Cop 21 qui a suscité de grands espoirs a accouché à peine d’une souris….. souris que , dès le lendemain, on a commencé a dépecer petits coups de dents?

Qui autre que le citoyen lambda peut espérer encore faire évoluer le monde? Et c’est pourquoi nous devrions tous souhaiter que l’aventure de Terra Eco continue avec sa version papier, sa version numérique et ses infos du matin dans lesquelles je puise souvent pour alimenter ce blog.

05/01/2016

Désaffection des jeunes pour les immenses centres commerciaux américains

Une information, lue début décembre, m’a amenée chercher sur internet des précisions, tant je l'ai trouvée  étonnante. Les centres commerciaux américains, temples de la consommation, dont certains font plus de 100000m2, sont à l’abandon., en train de disparaître, Et plus un seul ne s’est construit après 2008
Changement d’habitude, changement d’époque, ils sont devenus des vaisseaux fantômes, « friches commerciales » terrains d’exploration de photographes, ont été transformés en église baptistes, services aux personnes âgées, culture de légumes hoirs sols le longs des km de galeries etc… !

On parle d’effet de la crise. Mais ils sont rejetés par la jeune génération qui estime que ce mode de consommation est révolu.  « C’est plus agréable d’être dehors, plutôt que d’être enfermé dans un centre commercial bondé", explique un consommateur. Les jeunes font leurs achats sur internet et aussi dans la rue. Et ils préfèrent les rues piétonnes bordées de petits magasins.


Ce modèle de vie américain qui a essaimé dans le monde entier est en train de disparaitre aux USA. Les jeunes ne veulent plus de ce consumérisme massif , la plupart ne souhaitent plus de voiture, plus de burger, commandent sur internet tout ce qui leur est utile, et réinvestissent les centres villes qu’ont délaissé leurs grands parents. Nés entre 1980 et 2000, ils rejêtent la société de consommation de masse et recherchent l’authenticité.
Le géant du commerce américain Sears vient de fermer 100 de ses centres commerciaux et McDonald vend de moins en moins de ses burger. Une accumulation de magasins indépendants, d’immenses parkings, un centre-commercial le plus généralement articulé autour d’une galerie marchande et autour une nuée de places de stationnement, c’est le symbole d’un « monde de vieux. » Ce n’est pas l’Amérique entière qui change mais une grande partie des jeunes rejettent ce consumérisme massif. Ils souhaitent un retour au local et veulent une authenticité des produits consommés.


Pourtant ce modèle mondialisé continue à s’exporter mais ne devrait-on pas s’interroger avant de continuer à construire à tout-va des zones commerciales immenses aux portes des villes européennes ou asiatiques. Car, en France aussi, certains jeunes remettent en question cette manière de se nourrir, de consommer et d’acheter.