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Des raisons d'espérer - Page 8

  • Une belle découverte: l'ADDA nantaise

    C’est par hasard que j’ai découvert ADDA, une association nantaise qui m’a séduite immédiatement. Créée en 2008 par quelques amis préoccupés du sort de la planète  et désolés de la surproduction et la surconsommation des sociétés industrialisées,  elle se veut le « porte-parole de tous ceux qui s’engagent à satisfaire leurs besoins actuels sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ». Elle prend  d’abord le nom « d’Association pour le développement durable par l’alimentation. » et est devenue maintenant «Aujourd’hui, restaurons demain »

     

    Son but:

    - Ouvrir à tous l’accès à une alimentation respectueuse de la nature humaine à un prix juste,
    - Privilégier une agriculture respectueuse de l’environnement,
    - S’approvisionner dans un ordre d’abord local, régional, national, européen puis mondial,
    - Lutter contre le gaspillage des surproductions de denrées alimentaires,
    - Conserver une indépendance économique et politique.

    En soutenant un regard sur tous les hommes et les femmes de notre entourage, handicapés et non-handicapés ; exclus et non-exclus ; malades et non-malades,
    En soutenant un fonctionnement basé sur le don de temps, d’objets et de services,
    En soutenant une association de citoyen-ne-s responsables qui prend conscience de son cadre de vie : modes de déplacements, de consommation, pratiques alimentaires. 

     

    L’ADDA a déménagé en janvier et a ouvert un « lieu d’utopies concrètes ». Ce n’est pas une épicerie mais on y vend, très peu cher, des produits bio et locaux et on trouve aussi de la nourriture gratuite récupérée au MIN nantais. On cuisine d’abondantes quantités de fruits et légumes recyclés.  On y partage un café ou un repas. Mais on peut aussi peut réparer un vélo ou une machine a coudre. . On y échange des vêtements et des objets, on y prête du matériel de bricolage. on peut aussi se renseigner sur des thématiques environnementales.

    Dans ce local de quartier  chacun peut prendre ses marques et, en fonction de ses envies, agencer, changer, adapter, proposer, créer sur tous les sujets. 

    L’Adda, c’est un lieu de vie, « inventé » par les habitants, pour les habitants, qui fonctionne sans salarié avec des principes d’autogestion, sans participation obligatoire, et qui est indépendant financièrement.

    Sur leur site , on peut lire:

     

     « Aujourd’hui, l’Adda existe, elle a fait ses preuves. Elle a prouvé qu’il était possible d’avoir un lieu qui fait toutes ces choses, si simples quand on y pense, mais si rares dans la réalité. Cela ne s’est pas fait sans heurts, sans conflits, sans doutes, c’est une aventure humaine avec tout l’humain que cela comporte…. L’ADDA n'est pas un concept. L'ADDA, c'est la somme des énergies, des volontés, des personnalités de ceux qui s'y sont impliqués»

    La confiance, c'est l'un des maîtres mots à l'ADDA. 

     

    Elle passe aussi bien par le fait que les adhérents calculent eux-même le coût de leurs achats, que par le fait que le classeur de commandes avec les règlements est à disposition de chacun, en passant par la délégation des tâches à tous ceux qui le souhaitent.

    Cette confiance s'est installée au fur et à mesure, puis elle s’est développée, et, dit Claire, une responsable.

    "Quand on a laissé la caisse, il n'y avait plus une seule erreur,

    ça a été magique"

     

    Cette phrase m’enchante! Pourquoi refuse-t-on de regarder en face la réalité. Notre monde n’est que suspicion, contrôle, humiliation et… condamnation sans vouloir comprendre que çà engendre tous les maux de la Terre.  Tout irait tellement mieux avec ….  réflexion, responsabilité et confiance

     

     

    Et voici une autre phrase de Claire: 

    « J’ai pas de solutions, de recettes a transmettre,

    j’ai juste envie de dire, 

    de redonner aux gens l’envie d’être acteur dans la vie de la cité »

     

    Leur site est bien intéressant:     SideWays #7 - Aujourd'hui Restaurons Demain (Adda)

  • Apercu de la vie d'avant guerre!

    Ma dernière note pouvait faire croire que je n’accordais aucune valeur à une amitié virtuelle. Il n’en est rien… car je  m’inquiétais du silence de « Nathalie » qui n’avait posté aucun commentaire sur mon blog depuis quelques semaines. Le jour de l’An, ses voeux, en complément de  ma dernière note,  m’ont fait chaud au coeur et un réel plaisir! 

    C’est donc à tous mes lecteurs, fidèles ou occasionnels, que j’adresse les miens aujourd’hui, bien sincères, en les remerciant de lire les réflexions sur la vie et le monde d’une femme ordinaire de plus de 80 ans!

    Le monde a changé trop vite,  la télé, les ordinateurs, les consoles et maintenant les smartphones ont cloué  la majorité des hommes et des femmes des pays dits développés, devant leurs écrans, ignorant « la vraie vie » (comme a écrit la soeur de Mark Zuckenberg) et ne s’apercevant pas qu’autour d’eux vivent des êtres humains qu’ils serait bon de ne  pas ignorer.

    Mon enfance s’est passé dans un village de moins de 200 habitants, beaucoup de très petits cultivateurs, 2 commerces (une épicerie et un café), quelques artisans, quelques ouvriers qui travaillaient à une petite laiterie coopérative et des personnes âgées qui vivotaient avec un jardin et quelques volailles.  Dans cette communauté rurale, ma mère était l’institutrice de la cinquantaine d’enfants du bourg et des environs, une classe unique mixte sans concurrence d’une école privée.

    Peu de rivalités, tout le monde se connaissait, devinait  les difficultés des uns et des autres  et savait pratiquer l’entraide et la solidarité naturellement, sans l’appeler charité.

    Devant presque chaque maison un banc de bois incitait à s’asseoir pour bavarder. Les rencontres, les conversations étaient journalières On organisait autour de ce banc d’interminables veillées l’été pendant lesquelles les langues ne chômaient pas et le rire était de rigueur. Les enfants couraient et jouaient sur la route ( car il ne passait pas de voiture) jusqu’à ce que le train de 10h siffle au loin et mette fin a ce moment privilégié.  L’hiver, c’est autour de la cheminée qu’on s’invitait et là encore les conversations allaient bon train.

    L’autre lieu de rencontres était le puits communal où chaque femme du bourg venait au moins une fois par jour puiser un ou 2 seaux d’eau. Que de conversations, que de rires,  que de jeux  pour les petits qui les accompagnaient.

    Maintenant, des 19h,  chacun est enfermé dans sa petite boite scotché à son écran! Comment connaître l’Autre et l’aimer, même s’il vit sur le même palier? On a bien créé une fête des voisins mais sans grand succès et si j’en juge par mon quartier,  sans conséquence sur la convivialité dès le lendemain.

    J’ai cité le sondage des Petits Frères de pauvres à propos des «  vieux » qui n’ont pas plus de 4  vraies conversations par an. Devant l’école de mon village habitait un vieux monsieur handicapé qui chaque soir s’installait sur son banc lorsque 17 h arrivait. Et oui, pour les élèves, c’était un passage obligé… aller bavarder, rire et jouer autour de lui. Il est arrivé a ma mère,certains soirs d’hiver, de sortir  pour dire à ses élèves qu’ils allaient arriver à la nuit chez eux s’ils continuaient à tenir compagnie au «  père Colas ». Et il y avait d’autres personnes seules qui attendaient la sortie des écoliers pour vivre des instants au contact des enfants. De plus, on pensait à eux, par exemple, combien de fois, après avoir cueilli des fruits dans notre jardin me suis je vue chargée d’en porter à une personne seule à l’autre bourg du bourg avec mission de rester bavarder avec elle!   

    Impensable maintenant où la personne âgées est  ignorée par les actifs!

    Je veux enfin aborder un autre sujet, la mort! Elle faisait partie de la vie, on mourait chez soi, entouré de la famille, des voisins et des amis et les enfants n’étaient pas exclus des derniers instants d’un être cher. Oui, tout le monde savait d’instinct « apprivoiser la mort » et la vivre comme un passage obligé de la vie à … autre chose! Elle ne faisait peur à personne et on savait parler a ceux qui étaient dans le chagrin alors que maintenant , on les évite et ne sait quoi leur dire.

    Ma vie de petite campagnarde angevine n’était pas une exception, mon mari, bourbonnais avait eu la même enfance  faite de bancs et de puits et mon amie proche depuis notre entrée en 6 ème, il y a 71 ans,  a les mêmes souvenirs de sa jeunesse bretonne. 

    La solidarité d’une communauté,  l’intégration des personnes âgées à cette société et la reconnaissance de la mort comme un phénomène normal , voilà des choses qui n’ont guère leur place dans le monde occidental du XXIème siècle.

    Pourtant je vois autour de moi  de plus en plus d’initiatives individuelles isolées pour retrouver la « vraie vie ». Peut-être est-on en train de comprendre que vivre entouré  d’écrans et bientôt de robots n’est pas satisfaisant pour un être humain?

  • "Esprit de FEZ" - Ouverture, tolérance et universalité!

    J'ai reçu hier la lettre hebdomadaire du Professeur Henri Joyeux que je découvre toujours avec plaisir et intérêt. Intitulée " L'art et la spiritualité au service de la santé" elle a illuminé ma journée. Elle est  consacrée  au festival des musiques sacrées du monde, qui a lieu à Fez chaque année, animé par  la fondation "Esprit de Fez".

     

    J'avais déjà, par l'intermédiaire de Point Afrique entendu parler de ce festival et j'avais même eu l'intention de  m'y rendre. Car cette manifestation, organisée par un islam de tolérance pour un mélange des cultures et des religions, me semble une initiative exceptionnelle dans notre monde d'égoïsme et de rejet.

    Il a été fondé en 1994 par Faouzi Skali, docteur en anthropologie, ethnologie et sciences des religions,  spécialiste du soufisme, la branche  qui allie islam , art et culture ("Un excès de culture n'a jamais fait de mal ; le manque de culture, si".  dit il d'ailleurs)

    Ce festival est un évènement marquant au Maroc . avec une mission universelle de paix et de rapprochement entre les peuples, il se veut un message d'ouverture, de tolérance et d'universalité. Il accueille une multitude d'artistes, qui viennent de tous les horizons et de toutes les cultures. En 2001,  l'ONU l'a distingué comme l’un des événements marquants ayant contribué, d’une façon remarquable, au dialogue des civilisations.

     

    Ce festival réunit, en moyenne 100 000 festivaliers chaque année, 40 % sont Marocains, 40 % Français et 20 % de nationalités diverses. Il alterne musique et conférences qui proposent des débuts de pistes pouvant mener à une pacification du monde, notamment méditerranéen 

    C'est que, dans un  passé lointain,  l'harmonie a régné sur ce pourtour de la Méditérrannée. Chaque communauté ,  chaque religion étaient  accueillie, acceptée et respectée et chaque culture s'enrichissait au contact des autres. C'est lors d'un  voyage en Sicile que j'ai entendu louer la culture arabo-normande et sa tolérance!

    L’interaction des cultures normande, arabe et byzantine après la conquête, par les Normands, de la Sicile à partir de 1061 jusqu’aux environ de 1250 a été exemplaire . Cette civilisation a entraîne de nombreux échanges dans les domaines culturel et scientifique. Elle était  fondée sur la tolérance. car  les premiers habitants étaient héllénophones et   les colons musulmans quand sont arrivés les Normands. Ils ont tous  fait de la Sicile un carrefour de l’interaction entre les cultures latino-chrétienne, gréco-byzantine et arabo-islamique. Comme on est loin de cette brillante civilisation maintenant!

     

    Parmi les conférenciers, j'ai relevé pêle-mêle Jacques Attali,  Regis Debray , Pierre Rabbhi, plusieurs rabbins et personnalités juives, un responsable du Vatican,  des prêtres,  des journalistes de La  Vie, de Témoignage chrétien, des responsables d'ONG, des personnalités civiles et universitaires

    Des titres de conférences, en voici: 

    -L' Homo situs doit remplacer l'Homo economicus qui "a fait faillite".(Lhomo oeconomicus est porté à tromper et à user de mille et une manières pour maximiser son utilité et son profit.)

    - Passons de l'identité meurtrière à l'identité curieuse

    -  Pour transmettre, communiquer ne suffit pas

    -  L'humilité est nécessaire aux audacieux, 

    - Les désaccords ne peuvent se résoudre que dans le respect

    - Le meilleur dialogue passe par l'entraide affective 

    - De  l'information au savoir, du savoir à la sagesse

     

    Et je terminerai par cette phrase si vraie mais volontairement oubliée et plus encore niée,  citée une une indienne de l'ONG Oxfam

    - “Puissiez-vous, Occidentaux, comprendre que les humains sont d'abord des nomades. Vous-mêmes avez migré dans le monde entier, mais aujourd'hui, vous voudriez empêcher les autres de faire pareil.”

    Pour terminer, voici le lien pour lire  la lettre du Professeur Joyeux.