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Des raisons d'espérer - Page 4

  • Voir le film "Demain", c'est espérer un monde meilleur!

    Une vision positive du futur, voilà ce que veut nous montrer le film "Demain." En exergue la phrase de Rob Hopkins, enseignant britannique en permaculture et l'initiateur du mouvement des villes en transition: « Nous passons notre temps à faire des films ou nous sommes éradiqués par des zombies, des bombes nucléaires, des épidémies, des robots, de petits gremlins… Nous adorons çà! Mais où sont les films qui parlent du contraire? ceux où nous nous rassemblons et où nous résolvons les problèmes. Nous n’en avons pas vraiment. »


    Le film-reportage réalisé par Cyril Dion ( créateur avec Pierre Rhabi du Mouvement Colibris) et Mélanie Laurent nous fait réfléchir et nous invite à agir concrètement en nous montrant qu’aux quatre coins de la planète, face aux urgences, des initiatives positives commencent à transformer le monde… Il a pu être tourné grâce au crowfunding et plus particulièrement au site participatif kisskissbankbank et à la générosité de 10266 donateurs.

    Le film devait être en salle pour la COP21, il a été présenté le 2 décembre.
    Je l’ai vu le 3 et je pense que tous les spectateurs sont sortis comme moi avec un grand sourire et une bouffée d’espoir au coeur!


    5 thèmes, agriculture, énergie, économie, démocratie et éducation,nous sont présentés dans 9 pays qui nous montrent une société plus équitable et plus respectueuses de la diversité. Tout le monde peut aider à réaliser ce changement radical, sans distinction de pays, de ressources, de culture, d’ethnie, de religions, de différence quelconques. Comme il sera sympathique le monde de demain si rien ne vient entraver ces projets.


      Pendant quatre mois, caméras et sacs en bandoulière, « ils se rendent  à San Francisco où 80 % des déchêts sont recyclés, en Finlande, dans une école où le système éducatif est basé sur l'écoute, où les élèves circulent librement en classe, à Copenhague, ville principalement alimentée en énergies renouvelables (et qui vise l'autonomie complète), où les pistes cyclables et les trottoirs prennent plus de place que les routes... à Todmorden en Angleterre, où les habitants ont mis en place le système des Incroyables comestibles : ces fruits, légumes et aromates plantés, soignés et récoltés un peu partout dans la ville par les habitants transformés en jardiniers citoyens. ( J'ai eu l'occasion de voir dans certaines petites villes françaises ces bacs cultivés, entretenus par tous avec infiniment de respect!). Ils se rendent aussi aux Etats-Unis, à Détroit, où ils partent filmer des agriculteurs urbains qui se sont approprié des terrains abandonnés, délaissés par l'industrie automobile, pour y cultiver la terre »


    Cyril Dion est persuadé que le changement de culture et la prise de conscience globale du danger qui nous guette est véritablement en cours. «Pendant deux heures, le film nous plonge dans l’univers des héros des temps modernes, ceux qui expérimentent déjà un nouveau mode de vie, de nouvelles façons de cultiver, d’enseigner, de produire de l’énergie, d’échanger ou de vivre en démocratie. »


    Je ne verrai pas ce monde nouveau mais pour mes petits enfants et leurs descendants, j’espère que la génération des adultes des années 2015 va prendre -enfin- conscience qu’il faut tout changer.


    J'ai évoqué l'importance du  film autour de moi, personne n'en avait entendu parler! Il est vrai que le monde entier n’est préoccupé que de Stars Wars et des millions de spectateurs, gavés d’une publicité indécente et formatés pour ne plus réfléchir, ne vont pas avoir d'autre priorité que de s’y précipiter. ( en fait la première journée, ce film a rapporté 120 millions de dollars)!

    Pour "Demain", on annonce aux environs de 100 000 entrée la première semaine en France. Je trouve que ce n’est pas si mal car il a été présenté dans de très petites salles, plus ou moins « d’art et d’essai ». Espérons donc qu'il aidera beaucoup de Français à réfléchir sur leur devenir!

  • Et si une cure de "Préjugix" devenait obligatoire?

    Dans ma moisson d'infos hier matin, un titre a attiré mon attention « 5000 boîtes de Préjugix  seront distribués gratuitement ce samedi à Villeneuve-sur-Lot ».
    Préjugix??? Il me faut immédiatement en savoir davantage.


    L’article que je viens de trouver ( Rue 89, Bordeaux) commence par ces mots: « Si vous pensez que l’homosexualité est une « invention occidentale » et que les dépressifs sont des « paresseux », si vous n’êtes pas loin de considérer que si une femme battue reste avec son mari, « c’est qu’elle aime ça »… Alors, une petite cure de Préjugix 200mg© ne vous fera pas de mal !
    Préconisé dans le traitement du préjugé simple à sévère, à consommer sans modération et avec effets désirables : tolérance, respect, ouverture d’esprit… »

    La nouvelle me plaît tellement que j'en ai les larmes aux yeux, moi qui passe mon temps à m'indigner contre tous les préjugés qui empoisonnent la vie de notre société  entière. 9 thèmes sont soignés:  handicap physique, handicap mental, dépression, familles de malades psychiques, seniors, jeunes, femmes, homosexualité, reconversion professionnelle.
    A l’origine du projet Patrick Delpech, un artiste plasticien et performer, qui explique.
     
    "L'idée est venue d'une série de rencontre avec le Groupe d'entraide mutuelle de VIlleneuve-sur-Lot, courant 2013. Nous avons tentés ensemble de mettre en place une intervention artistique en public.
    Après plusieurs rendez-vous une impasse semblait se profiler. En relisant mes notes accumulées au cours de ces rendez-vous, j'y ai trouvé un croquis représentant une capsule de médicament, avec écrit à côté "anti-préjugé"… c'était ça et seulement ça qu'il fallait développer ! »

    Le projet a été lancé: « Faire réagir des groupes de personnes, aux idées reçues les plus répandues à leur sujet et  présenter ces réactions, sous la forme de textes au grand public, de façon simple et ludique».
    15 pharmaciens de tout le territoire, cinq lycées, de nombreuses associations, tout autant, sinon plus, de simples citoyens ont été intéressés et le financement participatif a été largement atteint.
    La fabrication a commencé en octobre et samedi les boites étaient distribuées.

    Le Préjugix se présente comme une boîte de sirop. A l’intérieur, une notice générale pour exposer le projet et neuf notices sous forme de rouleaux. Toutes sont présentées de la même manière : les préjugés au recto, les réponses ou les explications au verso, accompagnées des coordonnées des associations partenaires.
    Ces textes ont été rédigés par des organisations locales et nationales.

    « Je vais offrir à mes patients ce sirop original et je pense qu’ils vont très bien le prendre, les gens vont rigoler. C’est un moyen  léger et drôle d’aborder la question des préjugés sur la dépression ou encore l’homosexualité. » dit une pharmacienne.

    Patrick Delpech confirme :
    « Moi je fais le pari des autres dans ma démarche artistique. Je crois vraiment que le meilleur que je puisse donner, c’est au contact des gens et de la vie. Quand on voit qu’une idée, une fois mise entre les mains d’une association et d’un collectif,  se déploie autant, c’est fantastique ! Au début du projet on écrivait que c’était un faux médicament, mais quand je vois les bienfaits qui sont en train de nous revenir aux oreilles, on se dit que c’est un vrai médicament ! Peut-être que l’on soigne en partie le corps social, mais on le soigne. »

    Les 9 thèmes évoqués et soignés représentent effectivement les catégories sociales sur lesquelles se répandent le plus de mensonges et de calomnies: « handicap physique, handicap mental, dépression, familles de malades psychiques, seniors, jeunes, femmes, homosexualité, reconversion professionnelle ». J’aurai aimé qu’on ajoute le racisme ordinaire et le rejet «  de ceux qui ne sont pas de notre race », mais il faudrait bien une cure de 10 boîtes de «  prejugix » pour combattre ce travers de notre société .
    Pourtant je ne désespère pas car tous ceux qui ont connu ce projet sont tellement enthousiastes que tous sont prêts à poursuivre . Et je crois tellement aux initiatives citoyennes. En tout cas, c’est une raison d’espérer: il reste tant de préjugés à mettre en boite!

    Un grand merci a ceux qui ont osé se lancer dans une telle aventure.

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  • Une découverte bien sympathique: les prud'homies de pêcheurs méditerrannéens

    C’est lors d’une balade sur le port de Sanary que j’ai découvert, le mois dernier  un bâtiment sur lequel j’ai lu: « Prud’homie de Sanary ». Je connaissais les «  Prud’hommes », je me suis demandée ce que ce terme « prud’homie » pouvait recouvrir ici et Google m’a permis de découvrir une très ancienne et très intéressante institution. Qu’elle vive encore après plus de 1000 ans, malgré les aléas et les interdictions qu’elle a rencontrée au cours des âges est une raison d’espérer que le monde peut rester humain et plus juste, si les hommes le veulent vraiment!. 

    Issues des communautés de métiers du Moyen-Age, les prud'homies de pêcheurs sont des institutions qui encadrent  la gestion de l'ensemble des ressources marines vivantes sur tout le littoral méditerranéen français.Ces communautés de patrons pêcheurs élisent des Prud'hommes chargés de gérer la pêche sur leur territoire, par des attributions réglementaires, juridictionnelles et disciplinaires.

    Les décisions sont fondés sur le respect de la personne et des générations futures. 

    « Tout le monde doit pouvoir vivre de son métier (ou le soleil se lève pour tout le monde). Il faut éviter qu'un métier n'en chasse un autre... Un métier, il vaut mieux le réglementer que l'interdire par rapport à ceux qui en vivent... Si la pêche est perdue pour un pêcheur, elle ne doit pas l'être pour tout le monde... Il faut laisser reposer les espèces, ou les «pierres » alternativement (une sorte de jachère)... La mer, il ne s'agit pas de la vider mais d'en bien vivre et d'en laisser à ses enfants »

    De bien beaux principes qui détonent à notre époque! Et çà marche: a Sanary, il y a 13 patrons pêcheurs et 4 matelots élus  pour gérer localement, avec simplicité, rapidité, et à moindres frais, l'activité de pêche et les conflits qu'elle occasionne, pour préserver des zones marines, pour conserver un modèle de gestion des pêches qui a fait ses preuves dans le temps...

    Le chalutage est interdit au même titre que les filets trainants Le nombre de captures est plafonnée par bateau. Les jeunes sont protégés par la taille minimale des mailles et hameçons. Les temps de trempage des engins dans l'eau sont plafonnés également. Les zones de frayères sont protégées, des périodes d’arrêt de pêche instituées. 

    De plus, les prud'hommes sont attentifs à la situation individuelle de chacun des membres de la communauté : soutenir les jeunes, les pêcheurs retraités, les veuves, ceux qui ont des soucis (santé, matériel, autorisation administrative...). Le soutien, selon les cas et les possibilités, peut être financier, administratif, institutionnel.

    Rue 89, qui a écrit un article très documenté,  titre « Une autre vision du travail, de la propriété et des relations sociales. Et le fondement d’une révolution ? ».  Il y a une trentaine de prud’homies, des microsociétés d’artisans-pêcheurs similaire le long de nos côtes, pourquoi ne se généraliseraient -elles pas? Beaucoup pensent comme eux que « « La mer n’appartient à personne. Le libre accès à la ressource devrait être la règle et les pêcheurs, se règlementer eux-mêmes. Bruxelles, c’est des quotas, des licences : on privatise la mer. »

    Mais les prud’homies préférant valoriser des quantités limitées et diversifiées sur un marché local bien achalandé plutôt que de vendre de grandes quantités à bas prix contrecarrent l’industrialisation des pêches et le productivisme et doivent lutter contre les directives nationales et européennes, souvent  sans être entendus, encore moins comprises. 

     

    Pourtant elles démontrent que les choses peuvent changer et que l’industrialisation de la pêche n’est pas une fatalité.