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Science et technique - Page 3

  • Qu'est ce que " la civilisation du Poisson Rouge"?

    Après la publication de ma dernière note, une de mes amies m'a demandé : « Mais que veux dire la civilisation du poisson rouge » ?. 

    Je vais donc aujourd'hui expliquer en citant des extraits du début du livre Bruno Patino. C' est un journaliste, dirigeant de presse française et qui travaille dans tous les médias, y compris Internet. Et voici ce qu'il a vécu.

    Il était " avec un groupe d'Européens travaillant dans différents médias devant un employé de Google venu du siège de l'entreprise pour porter la bonne parole du géant numérique.... Devant eux un écran immense et sur cet écran un magnifique poisson rouge l'oeil rivé à son bocal. Pour toute texte un ? .... L'homme parle du poisson rouge, de cet animal stupide qui tourne sans fin dans son bocal. La mémoire de l'animal est si peu développée, son attention si réduite, qu'il découvre un monde nouveau à chaque tour de bocal. La mémoire du poisson rouge, loin d'être une malédiction est pour lui une grâce qui transforme la répétition en nouveauté et la petitesse d'une prison en l'infini d'un monde....

    L'homme annonce que Google a réussi à calculer le temps d'attention réelle du poisson. L'animal est incapable de fixer son attention au-delà d'un délai de 8 secondes puis il pense à autre chose et remet à zéro son univers mental... Mais l'homme n'en a pas fini de ses annonces.

    Les ordinateurs de Google ont réussi à estimer le temps d'attention de la génération des Millénnials. Ceux qui sont nés avec la connexion permanente et ont grandi avec un écran tactile au bout des doigts. Ceux qui dans les transports en commun, avancent l'oeil rivé sur le smartphone concentrés dans l'espace-temps de leur écran.

    L'homme annonce que le temps d'attention, la capacité de concentration de cette génération est de 9 secondes. Au-delà son cerveau décroche il lui faut un nouveau stimulus, un nouveau signal une nouvelle alerte, une autre recommandation. Soit à peine une seconde de plus que le poisson rouge!

    Pour Google, cette une seconde représente un défi : comment faire pour continuer à capter le regard d'une génération distraite "de la distraction par la distraction". Quels outils, quelle formules mathématiques, quelles propositions pour nourrir en permanence l'esprit d'utilisateur qui passe a autre chose avant même d'avoir commencé à faire quelque chose. Oui, comment faire pour continuer à capter son regard ?

    Mais la firme californienne sait maintenant comment répondre à cette évolution. Grâce a nos données personnelles elle saura nous fournir notre dose avant que le manque se fasse sentir. Nous sommes devenus des poissons rouges, enfermés  dans le bocal de nos écrans, soumis au manège de nos alertes et de nos messages instantanés. Notre esprit tourne sur lui-même de tweets en vidéo YouTube, de snaps en Mails, de lives en putschs, d'applications en newsfeeds, de messages outranciers poussés par un robot aux images filtré par des algorithmes, d'informations manifestement faussesen buzz affligeants"

    Une étude du journal of Social and Clinical Psychology évalue à 30 minutes le temps maximum d'exposition aux réseaux sociaux et aux écrans d'Internet au-delà duquel apparaît une menace pour la santé mentale.

    Vous comprenez qu'après une telle introduction, j'ai dévoré ce livre et ne l'ait pas regretté. Et pour ceux qui se désoleraient le dernier chapitre s'intitule " Combattre et guérir" . Mais est ce bien ce qu veulent les GAFAM? Ils souhaitent surement garder ces " poissons rouges capables de 9 secondes d'attention" . Les humains capables de bon sens et de réflexion ne sont pas faciles a mener par " par le bout du nez".

     

  • Hommage au Professeur Bernard Debré

    Le Professeur Bernard Debré vient de mourir à l’âge de 76 ans des suites d’un cancer. Certains médias ont trouvé malin d’affirmer qu’il était mort du coronavirus, évidemment  en ces temps de pandémie cela fait tellement mieux.

    Pourtant alors qu’il ne devait pas aller tellement bien ces mois dernier,  il a été aussi critique que le professeur Péronne sur la gestion de la crise qui a mis la France et le monde entier à l’arrêt.

    J’avais découvert le professeur Debré, en 2012,  quand il a écrit un livre, avec le Pr Éven «  Guide des 4000 médicaments inutiles ou dangereux ». Cela leur valut un an d’exclusion du Conseil de l’Ordre. J’avais écouté une émission où ils avaient été traités par les  journalistes comme « 2 vieux cons » trop vieux pour pouvoir avoir  un avis et j’avais été très choquée. Il faut dire que le Pr Évent a ... le meme age que moi .

    Ce dernier avait aussi osé écrire: « Faute d'inventer des médicaments nouveaux, réellement nouveaux et puissants, pour les vraies maladies, pour les maladies qui frappent toute l'humanité — cancer, hypertension, etc. —, pour maintenir ses ventes, l'industrie pharmaceutique a trouvé plus simple d'inventer des maladies qui n'existent pas… et pour lesquelles elle propose des médicaments sans efficacité (mais ça n'a aucune importance puisque les soi-disant malades ne sont pas malades)». Comment être apprécié après une telle sortie?

    Je ne savais pas quelle opinion le Pr Debre avait de la crise du coronavirus, c’est à l’occasion de sa mort que j’ai trouvé des extraits de ses interventions. Je savais par contre qu’il avait écrit sur la grippe H1N1 la phrase suivante : « ce n’est qu’une grippette, Il y a 800 cas répertoriés en France. C'est une plaisanterie ! Va-t-on se mettre à comptabiliser les diarrhées ?" Et aussi « Il est inutile d'affoler les populations sauf à vouloir leur marteler, à des fins politiques, le message suivant : bonnes gens dormez sans crainte, nous veillons sur vous". Et toujours lui "Je ne comprends pas pourquoi l'Etat a pris une commande ferme de 100 millions de vaccins qui ne seront prêts que lorsque le pic de contamination sera passé. Et admettons que le pire se produise, est-on certain que les vaccins commandés seront efficaces ? Non."

    Et bien , il n’a pas changé et juge aussi sévèrement la gestion de la crise sanitaire par la France pour le Covid 19 que pour le qH1N1: manque de préparation pour cause budgétaire, mensonges du ministre de la Santé, polémique malvenue sur la chloroquine…

    Mais au-delà de la crise du Covid, le médecin s’inquiète de la dégradation de l’hôpital où l’administratif a pris la main et dénonce la connivence entre laboratoires, médecins et administration.

    «  La gestion a été mentable. Pourquoi la France a-t-elle eu un tel nombre de morts ? On n’avait ni masques ni tests. Emmanuel Macron est là depuis trois ans, et même si François Hollande, Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac l’ont précédé, il n’a rien fait non plus pour préparer la France à une épidémie. Arrive ce virus, et on réalise qu’on manque de lits, et que nos voisins allemands en ont cinq fois plus que nous. La responsabilité du manque de masques incombe au ministre en place mais la faute est partagée entre les ministres successifs, leurs cabinets et l’administration qui les relaient. Ce qui s’est délité en France, c’est la hiérarchie ministérielle. Un ministre devrait tout savoir, être responsable de tout ce qui dépend de son ministère, vérifier qu’il est obéi et que ses directives sont bien appliquées. Si le ministre délègue trop et ne se tient pas au courant, il arrive ce qui est arrivé. Notre système hypercentralisé nous a handicapés. Vous auriez eu une compétition entre les régions et entre les CHU, les choses auraient été différentes. Cette centralisation a toujours existé ; elle a été accentuée par la réforme de 1958-1959. »

    Virulentes critiques!

    Pour qui veut chercher, on trouve de nombreux médecins qui font les mêmes critiques de la médecine actuelle mais n’osent rien dire.... ou sont « achetés » pour ne rien dire .

    Heureusement, certains chercheurs et médecins sont encore des hommes qui refusent de courber l’échine. Un grand merci donc au Pr Bernard Debre qui jusqu’à sa mort a osé émettre un avis différent des organismes qui dirigent la médecine actuelle.

    Durant mes études, on m’avait appris qu’on « s’enrichissait des différences ». Hélas maintenant la liberté de penser autrement et de le faire savoir est de plus en plus interdite.

  • Et oui, une femme de 87 ans peut s'intéresser à l'Intelligence Artificielle!

    J’étudie depuis plusieurs années et chaque jour les avancées, à pas de géant, de l’IA qui, dit-on, gouvernera notre vie. Mes recherches m’ont fait découvrir ce dont on ne parle jamais, les faces cachées et les limites de l’IA. 

    Plusieurs exemples. 

    • Si on montre 2 chats à un enfant de 2 ans, il reconnaîtra pour sa vie entière un chat en  tout chat quelque soit la longueur de ses poils ou la forme de sa tête. Si l’IA  enregistre 3000 photos de chat ... il ne reconnaît jamais tous les chats et se trompe au moins 5 fois sur 100. Et il aura dépensé une énorme quantité d’énergie avec tout ce que ça suppose.
    • Si on écrit 1-22 - 333 - 4444 - et qu’on demande à un enfant d’entrée au CP ce qui suit, c’est un grand sourire qu’il dit « c’est facile 55555! » Aucun moyen de faire trouver cela a une IA
    • Encore une histoire ! Une chercheuse a fait reconnaître des quantités de panneaux de signalisation à une IA, puis elle a fait faire une rotation de 8 degrés à ces panneaux. Pour un homme, ça ne fait pas de  différence, l’IA n’en reconnaît aucun

    "La différence entre nous et la machine, c’est la manière de se tromper, résume Nicholas Asher. (Spécialiste dès la science du cerveau). Pour nous, il y a des contenus derrière les symboles, une sémantique constitutive de la pensée."

    Je comprends mieux que pour affirmer que je ne suis pas un robot, un site m’ait demandé l’autre jour d’identifier les images comportant un panneau. Ça m’avait semblé tout à fait idiot car je pensais qu’un robot faisait ça aussi bien que moi. Mais si une rotation de 8 degrés suffit à le troubler!

    Des qu’on a parlé de l’IA, j’ai évoqué  ce que j’avais pensé il y a longtemps. En 1986/7, en club d’informatique, je travaillais sur un MO5 de Thomson (49 Mo de mémoire vive, 96 Mo en tout ) et on faisait de la programmation pour créer nos logiciels ... en Basic. Car l’informatique n’était qu’une série de 0 et de 1. On nous rendait.. ce que nous avions donné.  Et oui, derrière toute opération il y avait  l’homme. Et rien n’a changé.

    Et je ris lorsque je lis, ... une IA sexiste, raciste.... car je sais que c’est le créateur qui l’est  et a entré dans son logarithme une multitude d’exemples sexistes ou racistes

    Il paraît que les embauches se feront avec une IA et on s’est déjà  étonné qu’elle choisisse des « hommes,  blancs et jeunes »! Tiens et les femmes? les êtres humains de couleur? et les personnes vieillissantes? Pourtant c’est normal si les créateurs de cette IA étaient de hommes, blancs et jeunes et persuadés de leur supériorité sur les autres 

    Bref, l’IA est ce qu’en font les créateurs mais, ... avec l’aide de millions d’hommes dans tous les pays du monde exploités et sous payés, ( comme à écrit Antonio Caselli ( spécialiste en humanités numériques) dans son livre « En attendant les robots » ). Les robots sont des hommes qui amassent toutes les données qui nourriront l’IA et qu’il appelle «  les esclaves du clic ». 

    Et Luc Julia dans son livre ( passionnant) « L’intelligence artificielle n’existe pas » estime que l’IA n’est ni intelligente, ni artificielle.

    Ah j’ai oublié de préciser que Luc Julia travaillait pour Apple et est un des pères de Siri, l’IA des Mac ... que j’emploie journellement et ... avec qui je suis souvent en désaccord. Et il est maintenant vice-président de l’innovation chez Samsung!  

    Et pour terminer des citations de 2 «  grands de la Silicon Valley »

    • Un robot ne tricotera jamais comme une grand mère » et... 
    • Sans la présence d’humains, un ordinateur n’est qu’une machine qui transforme des signaux!