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Réflexions - Page 62

  • "Ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait" (Mark Twain)

    il y a un an aux élections municipales, les habitants de Saillans petit village de la Drôme (1200h), ont tous été élu au premier tour. Pendant des mois ils avaient travaillé à une liste collégiale et vécu une belle expérience de démocratie participative Par petits groupes, ils avaient imaginé ensemble des dizaines de projets et jusqu’à 250 personnes s’étaient réunies lors des réunions publiques, soit presque le quart de la population ! Auparavant personne n’assistait aux réunions du Conseil Municipal

    Ce village, décidément spécial, abritait une quarantaine   d’associations, (un chiffre énorme pour 1200h.) qui s’étaient impliquées dans le projet.   Des groupes de travail avaient été  été constitués, encadrés par des animateurs : environnement, vivre ensemble, sport, jeunesse. Les habitants avaient  fait les propositions et beaucoup parlé de lien social, d’écoute et de ce qu’ils pourraient faire pour décloisonner les générations et les groupes.

    La liste collégiale avait donc remporté en mars, les élections au premier tour avec 56,8 % des voix.

     

    Un réveil des consciences, des rencontres, du partage. pour changer, travailler ensemble, pour l’intérêt commun….. j’avais été séduite par cette réussite 

     

    La liste "Autrement pour Saillans", avait été constituée sans hiérarchie et sans politique. (A se demander comment c’est possible dans un pays où la politique politicienne du plus bas niveau règne en maître! ) Elue, elle avait promis d’inviter une à deux fois par an, la population à donner ses idées lors d’assemblées. Le reste de l’année, il y aurait des petits comités sur des sujets précis, et le cas échéant des référendums. 

    « Le défi, ça va être aussi de maintenir cette énergie. »disaient les habitants.

     

    J’ai eu envie de savoir ce qu’était devenu Saillans au bout d’une année

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    Tout va très bien, l’enthousiasme règne toujours et les réalisations sont là. Le travail s’articule autour de 3 axes: collégialité, transparence et démocratie participative.

     

    Les élus travaillent tous  en binôme ou en trinôme, y compris le maire. Les dossiers sont étudiés dans des commissions participatives et des groupes action-projet  auxquels participent les habitants volontaires. Il y a aussi les animateurs,  et le « conseil des sages ». 

    En tout,  230 personnes (soit 24 % de la population majeure) font partie des commissions. Leur volonté de participer est surprenante ( initiatives, entraide, bénévolat) 

    « La démarche des habitants et des élus de Saillans est pragmatique et concrète  Il n'est pas question de "partis politiques" mais bien de "politique" comme art de conduire les affaires publiques. Cette démarche procède par apprentissage et par expérimentation au quotidien. On se permet d'essayer et de se tromper, de recommencer, mais en transparence et en confiance entre élus et habitants ».

    L’information à destination de tous est l’objet d’un soin particulier. Elle passe par différents canaux : la création d’un site Internet, le traditionnel bulletin communal, l’affichage public,… Elle passe aussi par l’ouverture de toutes les réunions aux habitants, ainsi que l’édition et la mise à disposition rapide de comptes rendus systématiques de celles-ci.

     

    Voilà qui me ravit: des outils et méthodes issues de « l’éducation populaire », cette éducation populaire qui a bercé mon enfance et dont mes grands parents ( carriers, cultivateurs) et mes parents  estimaient qu’elle changerait le monde car instruction, éducation, information était le triptyque qui amèneraient les gens à se prendre ne charge et à ne plus se laisser mener « comme do bu jouqués » ( des boeufs sous le jougs) …. disait mon grand père en patois vendéen!

     

    D’autres villages ont expérimenté cette gestion, il y aura un second volet dans la catégorie « raisons d’espérer! »

  • Ophtalmo sans frontières au Cameroun.

    J’étais en train d’écrire la note précédente lorsque j’ai reçu d’un ami, une information qui prolongeait mes réflexions sur l’attitude des fondamentalistes islamistes. Il s’agit cette fois de BOKO Haram, bien connu depuis l’enlèvement des lycéennes dont on ne sait toujours pas ce qu’elles sont devenues.


    Mon ami et moi étions dans le même club de Camping Cars et, de plus, étions responsables chacun d'une ONG travaillant en Afrique. Mon ami est un fondateur d’Ophtalmo sans Frontières, Organisation Non Gouvernementale créée en 1987. Son objet : lutter contre la cécité et la malvoyance en Afrique francophone. Je suis une des responsables de l’Association la Poulie qui travaille avec plusieurs villages du Niger sur l’eau et le maraichage, la santé, les écoles et l’apiculture. Lors d’un voyage, nous avions emporté quelques paires de lunettes et, en constatant la joie de ceux qui étaient repartis en voyant mieux, j’avais demandé à mon ami Michel si leur association pouvait nous aider. C’est grâce à eux que nous avons joint à notre dernier container un grand nombre de paires de lunettes, répertoriées  pour chaque correction de la vue!
    ( Informations trouvées sur leur site) "C’est que la malvoyante et la cécité constituent un problème socio-économique évident dans les pays en voie de développement. Elle atteindrait 1 % des populations en Afrique subsaharienne, et 80 % des cas seraient curables ou évitables si l’on disposait de structures médicales suffisantes.
    Ophtalmo sans Frontières s’est installés au Cameroun en 1987  essentiellement en zone rurale. Son activité consiste à dépister les malades, les soigner, les opérer et à leur fournir des lunettes. En décembre 2012, le bilan chiffré recensait plus de 525 000 consultations,115 000 interventions chirurgicales dont 100 000 cataractes. Depuis 1997, 32 médecins et 185 infirmiers ont été formés aux soins de santé primaire en ophtalmologie, 6 médecins et 11 infirmiers africains à la chirurgie de l'oeil. Aujourd'hui, les  centres font un personnel infirmier formé, et notamment des infirmiers spécialisés.
     8 centres fonctionnent actuellement,au Cameroun  dont celui de Kolofata, intégré à l’hopital du District et ou se déroulent les campagnes de traitement du trachome et le programme de prise en charge des enfants souffrant de cancer de la rétine".

    C’est cette petite ville qui a été attaquée par Boko Haram.

    Et voici le texte de mon ami, Michel Chateauneuf
    Le drame dans le Nord Cameroun dans l’un des 8 centres d’ OPHTALMO SANS FRONTIERES, le centre de KOLOFATA, proche de la frontière du NIGERIA.
    BOCO HARAM vient de lancer une attaque sur la petite ville de KOLOFATA, lieu de résidence du ministre Amadou Ali, de la même ethnie, heureusement absent ; les gardiens troués de balles et beaucoup d’autres personnes.  Le centre OSF est déshabité, la population éparpillée.
    La grande ville de MAROUA au Nord CAMEROUN est interdite aux Européens, qui ne peuvent plus aller au-delà de     GAROUA notre premier poste que j’ai  installé.
    La ville de KOUSSERI qui est reliée par un pont au NIGERIA est dévastée et visée par des raids de 80 motos qui franchissent le pont, mitraillent et repartent. Les populations fuient.
    Le TCHAD, n’ayant pas de port,  est contraint de protéger ses approvisionnements qui viennent de DOUALA, le grand port du CAMEROUN, et envoie des convois de 500 automitrailleuses par le NORD CAMEROUN vers le NIGERIA pour réagir. La France, exsangue comme tout le monde le sait, n’intervient pas sur place, mais renseigne le TCHAD sur les mouvements des sauvages.
    Nos 7 autres postes, plus éloignés, fonctionnent encore grâce au courage exemplaire de nos infirmiers qui opèrent et réussissent à se fondre dans le masse en espérant ne pas se faire repérer, ce qui tranche singulièrement avec notre quiétude et notre apathie occidentales.
    Merci de disséminer, si vous le jugez utile, ces nouvelles le plus possible, peut-être rendrez-vous service à vos enfants et à vos petits enfants.

    Les infos de 13H sur France Inter le 27 février  ont annoncé que le centre de TOKOMBERE et l'agglomération attenante sont aussi concernés par les troubles.


    Depuis, j’ai appris qu’entre 10 000 et 15000  Camerounais sont descendus dans la rue samedi à Yaoundé pour dénoncer les meurtrières attaques et exactions des islamistes nigérians, manifestation pacifique à laquelle se sont joint des ministres et  des diplomates en poste à Yaoundé. Les participants ont promis que le Cameroun viendrait à bout de Boko Haram.
    « Ainsi, vendredi, les chefs traditionnels du département des Bamboutos (ouest du pays) ont remis au ministre de la Défense une enveloppe de 22 millions de francs CFA (environ 30.000 euros) pour aider les soldats au front, a rapporté la télévision d'Etat et des entreprises ont offert à l'armée des centaines de tonnes de produits alimentaires.(source: la Libre Belgique)

    Comme cet islamisme de rejet et de haine est loin de la religion de mes amis nigériens, soignants, instituteurs et autre et de mon ami Samaïla qui nous a envoyé un si beau texte après le drame de Charlie Hebdo!

    Refus de tout ce qui ne vient pas du Coran, culture, connaissance, soins même, que reste -t-il de l'islam ouvert et savant qui a illuminé le monde aux Moyen Age?

  • Là où on brûle les livres, on finit aussi par brûler les hommes ( Heinrich Heine)

    La destruction de joyaux de l'art préislamique du musée de Mossoul, en Irak, filmée dans une vidéo diffusée par l’Etat Islamique, alias Daesh , a suscité l'indignation à travers le monde. Qui imaginerait le saccage des biens culturels comme arme de guerre? En ce début du XXIème siècle, peu à peu, l’habitude s’installe de détruire ce qui illustre les témoignages artistiques, religieux et culturels des siècles passés., tout ce qui dérange ou interpelle! 

     

    En Afghanistan, en 2001, les Bouddhas géants de Bamiyan, sculptés dans une falaise il y a plus de 1500 ans, ont été réduits en poussière par les Talibans, pour « empêcher un retour à l’idolâtrie » 

    On sait moins que les trésors du musée de Kaboul ont aussi été saccagés en 2001,  un témoignage inestimable, plus de  de 6000 pièces et 55 000 livres rares et de grande valeur historique, ne gardant que des textes coraniques. Ce musée retraçait 50.000 ans d'histoire afghane, avec des vestiges des époques préhistorique, classique, bouddhiste, hindoue et islamique du pays. 

    En Afghanistan, ce fut l’oeuvre des Talibans! quand je pense que le mot taliban veut dire «  étudiant, chercheur!» avant de définir un fondamentaliste musulman!

     

    Et nous voici en 2012, au Mali, avec la destruction des Mausolées de Tombouctou. Il s’agit cette fois du mouvement « Ansar Dine » dont le chef déclare: «  Il ne va pas rester un seul mausolée à Tombouctou, Allah n'aime pas ça ». Ces monuments funéraires dédiés à des saints ont été classés au patrimoine mondial de l’Unesco en 1988. Ils témoignaient du rayonnement de Tombouctou et  de l'Afrique, vers l'Orient la Méditerranée et l'Europe… mais c’était au Moyen Age! A cette époque, c’était  un islam "d'ouverture", un islam "rayonnant", tant dans le domaine des arts, de la littérature que des sciences ou de la médecine, mais aussi d'un islam de tolérance, où le non-musulman avait aussi sa place.

     

    2015: Daesh filme la destruction du musée de Mossoul, statues détruites à coups de masse, collections vandalisées, objets inestimables des périodes assyrienne et hellénique.  Et ce n’est pas tout! Des milliers d'ouvrages anciens auraient été incendiés par l'Etat islamique, qui aurait organisé des autodafés des ouvrages pillés à la bibliothèque de l’université, puis à celles de diverses institutions chrétiennes.

     

    Et cela se passe à Mossoul, en Mésopotamie, pays du Tigre et de l’Euphrate, là où est née l’écriture  et la roue, la où régnait Haroun el Rachid, contemporain de Charlemagne, calife de Bagdad.

    De son temps on ne persécutait par les minorités religieuses,  on leur faisait donner le meilleur d’elle-même: chrétiens, juifs, zoroastriens ( religion pré-islamique,)  bouddhistes avaient fait de Babylone ( a une centaine de km de Bagdad) un des creusets les plus riches de la culture humaine.

     

    C’est en Sicile qu’on chante les louanges de la civilisation arabe-normande: cette civilisation a entraîné de nombreux échanges dans les domaines culturel et scientifique, elle était fondée sur la tolérance entre les Normands,  la population hellénophone et les musulmans. De l’an 1000 aux environs de 1250, ils ont  fait de la Sicile un carrefour des cultures latino-chrétienne, gréco-byzantine et arabo-islamique.

     

    Seulement voilà, cette image d’un islam tolérant brillant par la culture et le savoir est contraire à celle que prône les mouvements intégristes et radicaux. Pour eux, la religion n’a pas besoin de culture, elle n’a pas besoin de «sachants ». 

    Un religieux saoudien, prédicateur affilié Ministère des Affaires religieuses, a affirmé dans un cycle de conférences faites aux étudiants dans les Universités: « La Terre est immobile. Les preuves  sont nombreuses par les citations du Coran et la raison. Nous avons les textes sacrés. C’est à eux que nous devons nous référer » « Il ne faut pas croire le premier venu qui raconte n’importe quoi, ni les pseudo-miracles scientifiques des occidentaux»

     

    Heureusement, beaucoup de voix chez les musulmans, ont affirmé, avec le secrétaire général de la Ligue arabe  a propos de la destruction du Musée de Mossoul: «Cette agression barbare contre le patrimoine du peuple irakien représente l'un des crimes les plus abominables commis en notre temps contre le patrimoine de l'humanité» .

     

     De plus, il ne faudrait jamais oublier la citation prophétique de Heinrich Heine: La où on brule les livres,  on finit aussi par brûler les hommes »

     J’avais 1 an quand à Berlin, on a brulé les livres jugés incompatibles avec la pensée nazi, auteur juifs, communistes, pacifistes etc… Quelques années plus tard, ce furent  furent les fours crématoires!