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23/08/2016

La France au rythme du burkini et de l'hystérie ambiante

Après une semaine dans la presqu'île de Guérande, semaine de repos et vélo dans un paysage de marais et de mer, retour aux choses sérieuses, me voici ce matin devant des dizaines d’articles retenus pour la qualité de leur analyse de ce monde en folie! Dur retour à la réalité!
Depuis une bonne quinzaine la France vit au rythme du burkini! Provocation ? radicalisation? l’hystérie ambiante atteint son point le plus haut! Au nom de quoi devrait-on se mettre le plus nu possible pour aller à la plage? En France interdire le burkini, au Brésil imposer le stringkini, la ficelle entre les fesses sur certaines plages, faut-il rire ou s’indigner?

Cela me rappelle un souvenir personnel. Ma mère, habitant les Sables d’Olonne allait régulièrement à la plage en maillot une pièce, pas très décolleté devant car disait-elle, « elle était vieille et devait rester correcte ». Dans les années 1980, elle a eu 80 ans, alors elle a abandonné le maillot et a continué à descendre sur le sable en robe, longueur mi-mollet. Plus question de maillot de bain par « respect des autres, parce qu’elle devait rester digne et ne pas imposer aux autres la vue de son corps déformé par l’âge » . Au milieu des bikini et seins nus, elle marchait des heures dans l’eau, jupe au vent!
Pauvre mère, restée sportive avec des km de marche chaque jour, comme elle serait « belle » maintenant sur la plage avec ses 58 kg et son ventre a peine rond!

Car aujourd’hui, les corps ne sont plus déformés par l’âge mais par l’obésité qui est une épidémie galopante. Qu’est devenu la plage depuis 30 ans? Mais comment en serait-il autrement avec 100m de queue en plein après midi devant les marchands de glace et l’odeur de mer et d’algues masquée par celle du « graillon » des chichis et autres?
Toutes les fois où j’aborde sur ce blog le sujet de l’obésité, je reçois des commentaires acerbes. Cette constatation n’est pas une critique, mais à 84 ans, je sais combien il est difficile de faire avancer 56 kg, pourtant encore musclés! Je ne sais si les obèses ont envisagé qu’ils vieilliraient…. impotents?
Pourtant j’affirme que chacun est libre de son choix de vie et devrait être libre d’être obèse ou non, de porter un burkini ou un bikini. Hélas, ce second sujet est devenu une affaire d’état!

Encore une exception française! Le journal espagnol El País écrit : "Le burkini est moche et incommode, mais qui veut le porter doit être aussi libre de le faire que les religieuses de porter leurs coiffes ou les enfants pâles du Nord de l’Europe leurs combinaisons en néoprène pour se protéger du soleil".
En Angleterre, la réaction des Français amuse beaucoup. La presse anglaise ironise de voir qu’un simple maillot de bain puisse les effrayer autant.

Cette campagne est orchestré par la droite et l’extrême droite, Il est pour le moins curieux curieux de voir  ces parangons de vertu et de morale crier au loup quand une femme ne se promène pas quasiment nue sur une plage.
J'ai relevé ces citations de journalistes qui expriment ce que je pense
« Burkina, la semaine ou la France est devenue folle »
« Chacun d’entre nous peut penser ce qu’il veut des postures choisies par les autres estivants (selon leurs cultures, leurs convictions, leurs religions, etc.), mais aucun d’entre nous n’a le droit d’imposer autoritairement aux autres son choix à la manière d’un uniforme obligatoire »
« Le burkini, est un compromis entre la modernité et la foi. Le groupe Etat islamique ou les talibans n’autoriseraient jamais le burkini. Le porter représente une tentative, pour des femmes, plutôt jeunes, de poser un signe religieux sur une pratique moderne »

Il y a aussi des petits rappels utiles :
- le couturier qui en 1945 présenta le bikini ne trouva aucun mannequin qui accepte de le porter et dut faire appel à une danseuse du Lido
- en 1905, lors du vote sur la loi de séparation des églises et de l’État, certains républicains voulurent faire interdire le port de la soutane dans l’espace public  Aristide Briand et Jean Jaurès s’y opposèrent au nom de la liberté, celle d’afficher ses opinions donc aussi sa croyance.

Alors promenons nous sur la plage, obèses ou maigres, en bikini ou en burkini sans que ce soit une raison de plus de divisions, d’opposition et de haine entre les Français. Décidément la "culture de la haine" est  banale et entretenue dans notre pays.

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