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11/08/2016

Des jugements différents sur l'islamisme. (2)

C’est à Raphaël Liogier que que je donnerai maintenant la parole. Philosophe et sociologue, lui aussi docteur en sociologie et science politique, il est spécialiste des religions.

Il distingue 2 sortes d’islamisme, donc d’islamistes:
""- D’un côté, un nouveau fondamentalisme, avec des gens qui refusent notre civilisation, se mettent en retrait, et qui sont communautaristes. Ils s'habillent avec de longues tuniques ou un voile intégral pour les femmes. Ils croient que leur foi leur impose de supprimer les mécréants.
- Et puis, il y’a ceux qu’il appelle les nouveaux "ninjas de l'islam". Des individus avec de moins en moins de rapport à l'islam, mais auxquels le marketing génial de Daech fournit l'opportunité d'exister en grand. Ce sont ces individus qui sont la cible du recrutement de Daech et de sa nouvelle manière d'envisager le terrorisme.
Qui sont-ils? surtout des criminels de droit commun, des caïds ratés, fragiles psychologiquement. A Nice, on a encore un individu frustré, obsédé par la musculation, amateur d'alcool, de femmes. Tous adhèrent à cette grande utopie, mise en image par Daech, du type qui est un raté et qui peut devenir d'un seul coup un super-héros. Daech n’a même plus besoin de mettre en place des projets d'attentat, cela se fait sans eux. Et on le comprend dans la revendication tardive des attentats.


Alors qu’il perd pied dans les combat, l’EI devient une sorte de cyber-califat. Il gagne dans les consciences grâce à l'angoisse qu'il réussit à nourrir dans l'espace public en France. Le capital exploitable de Daech, c'est la dissension civile, le racisme, la suspicion de tous contre tous. J'en tiens pour preuve certains débats, comme sur l'interdiction de l'arabe dans les mosquées, alors qu'il n'y a pas un jihadiste qui parle l'arabe classique, ou la polémique sur la «  mode islamique » alors que cette mode est justement critiquée par les fondamentalistes.


On s'est complètement gourés. Notre véritable ennemi, ce n'est pas l'islamisme. Il faut se demander pourquoi il y a ces jeunes qui adhérent à cette idéologie sans être en lien avec l'Islam. On arrive à une situation où vous pouvez mettre 10 000, 20 000 policiers en plus... vous n'empêcherez pas quelqu'un de pousser quatre personnes sous le métro dans un moment de délire motivé par l'idéologie jihadiste.


Il faut arrêter les fumisteries, cette histoire de radicalisation, ce processus qui regarde spécifiquement l'islam. Il faut mettre en place un grand observatoire national voir européen des identités, avec psychiatres, sociologues, islamologues, spécialiste d'internet... pour essayer de comprendre ce qui se passe.""

J'adhère totalement a cette dernière phrase, chaque jour, en lisant les réactions officielles, j'ai envie de proposer à nos dirigeants une année d'études en psychologie ou, et c'est aussi formateur, une année dans un Cours Préparatoire comme je l'ai fait toute ma vie d'institutrice pour enfin comprendre quelque chose à l'être humain. 

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