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Souvenirs - Page 3

  • Evolution de l'enfance et de l'école au fil des ans!

    Voir la méthode syllabique comme panacée pour remédier à tous les problèmes de l'éducation me semble ridicule. Le monde a changé les enfants ont changé, leur vie n'a rien de commun avec celle des petits élèves d'il y a cinquante ans. Et ils n'attendent plus grand chose de l'école car les informations fusent de partout jour et nuit par des tas de canaux differents. Ma fille a dit un jour, à propos de ses élèves et de ses enfants: " Notre génération à mis au monde des mutants"

    Avant la guerre.Les élèves de ma mère, mes copains d'école, habitait presque tous dans des fermes sans électricité sans radio sans téléphone et sans moyen de transport bien sûr. Leur seul éveil c'était l'école. Quand ils y arrivaient le matin ils avaient parcouru plusieurs kilomètres à pied parmi les chants d'oiseaux avec les animaux des bois et des prés comme compagnon. Avant de partir ils avaient "pansé" les lapins, donné du grain au poules, souvent habillé et fait manger les plus petits car la mère etait très tôt occupée aux travaux à la ferme.
    L'école était pour eux un miracle ils avaient conscience de devenir des hommes, donc " gobaient" et retenait tout ce qui venait de l'instituteur. Et savoir lire était leur désir le plus grand. Ni distraits, ni sollicités par mille choses à la fois, leur attention était soutenue sans agitation. Je me souviens de la cinquantaine d'élèves de 4 à 14 ans qui travaillaient en silence. On ouvrait souvent les fenêtres sur la campagne et c'était le chant des grillons et des oiseaux qui accompagnaient les leçons de ma mère.

    Annees 1950/70. C'est moi qui suis dans une école rurale et mes petits élèves habitent souvent bien loin encore (1/3 de ma classe à 2 km et plus), ils arrivent seuls à vélo, autonomes à 4 ans et très responsables. La radio est entrée dans les maisons mais il est rare qu'on l'allume le matin, sauf pour les informations. On demande moins de participation aux enfants de cultivateurs, et les mamans parlent davantage aux petits avant le départ, font lire la page ou réciter les leçons! L'atmosphère familiale est sereine et tranquille le matin et pendant ces années la, je ne me souviens pas avoir eu un bruit dans la classe, sans avoir à élever la voix, gronder, encore moins punir! Car ils ont encore soif d'apprendre et l'école est leur lieu de vie.

    Seulement voilà, la télé est arrivée, un divertissement parfait pour les enfants... et un merveilleux moyen de ne plus avoir a s'occuper d'eux, quelle tranquillité pour les parents.
    Et dans les classes, on a vu la différence. Pour beaucoup télé au réveil, télé le soir, ce qui a amené les couchers tard et tout voir, les films, les séries! 3 films le dimanche  pour presqu'une moitié de la classe, des CP en 1975, et seulement 2 familles sans télé: un médecin, un ingénieur! Pour eux, c'était un choix!
    C'est alors qu'est née l'agitation, suivie du manque d'attention, de tous les défauts de la concentration, et de  l'impression de tout savoir "je l'ai vu à la télé , c'est vrai maîtresse!"
    La beauté de la lecture et le désir d'apprendre et de comprendre à peu à peu disparu!

    Et maintenant 30 à 40 ans après??? L'école est passée après toutes les distractions, les enfants sont gavés d'images, de sons, d'informations. Les écrans ont envahi leur vie sans leur laisser le temps d'avoir une enfance car, de plus ils sont soumis à un rythme aberrant et parfois inhumain. Leurs parents stressés n'ont jamais le temps.

    Et pour y remédier nos dirigeants ont accumulé les réformes sans discernement.
    Alors incriminer une méthode de lecture ( méthode qui en plus, n'a jamais vraiment existé) pour expliquer tous les maux de l'éducation nationale me semble un peu simpliste..

  • La méthode globale, responsable de tous les maux de la jeunesse actuelle? de qui se moque-t-on?

    Je ne pensais pas reprendre mon blog avec un sujet pédagogique.Mais je suis stupéfaite de constater que la méthode globale revient en accusée sur le devant de la scène! Un serpent de mer qui dure depuis les années 70.

    Les jeunes ne savent plus lire, ne comprennent pas ce qu’il lisent… constatation, consternation…. la lecture globale est responsable. Niveau bac, « ils ne savent  pas lire » et n’aiment pas çà, pas de doute, au CP, ils ont eu une maitresse qui pratiquait la lecture globale

    Ceux qui dissertent sur le sujet savent-il que la méthode globale qui avait été élaborée pour la première fois en 1787, s’est développé au début du XXe siècle sur l’impulsion d’Ovide Decroly, a partir d’études de la psychologie de l’enfant et avec une rigoureuse démarche scientifique . On l’ a appelé le « père de la méthode globale «  et écrit qu’il avait agi « en vrai savant ».
    Cette méthode est peu entrée dans les écoles a son époque mais, dans les années 70, après les événements de 1968, on l’a brusquement mise à la mode tout en la réduisant et en la modifiant.En ces années où on voulait tout changer, on a imposé aussi les mathématiques des ensembles pour apprendre un compter. Encore, un beau sujet pour disserter à l’infini !

    Peu d’instituteurs se sont essayé aux 2 nouvelles manières d’enseigner la lecture et le calcul.

    Nous sommes une famille d’enseignants et n’avons vu que 2 institutrices pratiquant la méthode uniquement globale et ce, pendant 75 ans … ma mère pendant les 15 derniers années de a carrière, 2 de mes enfants pendant toutes leurs années de « professeurs des écoles » ( et oui, on avait même changé de nom) et moi-même « maîtresse » de CP pendant 30 ans, en tout c’est bien 75 ans d’enseignement, de 1926 à 2010 et seulement 2 institutrices pratiquant vraiment la méthode globale!
    …. De plus, c’étaient de bonnes institutrices et leurs élèves lisaient très bien!

    S’appuyer, dans les premiers mois, comme je l’ai fait pendant toute ma carrière sur les mots qui parlent aux enfants me semble normal et susceptible de l’intéresser plus que la litanie des R.I ri, T.A etc… .
    Ces mots, ils les connaissent soit parce qu’ils les ont appris à l’école maternelle, soit, (j’ai eu pendant 15 ans une classe rurale ou les enfants entraient à 4 ans et passaient 4 ans avec moi de la section enfantine au CE2) parce qu’ils les ont piqués et mémorisés dans la vie de tous les jours, avec ou sans l’aide de leur parents. Tous reconnaissent « maman, papa", souvent « pépé, mémé », les prénoms des frères et soeurs le nom de la commune et de ses commerces, celui du journal lu a la maison, De plus, a mon époque, ils connaissaient la suite du nom des pots alignés sur chaque cheminée «  sucre, café, farine, pâtes, sel, poivre » Et tant d’autres encore!  
    Mais après, il faudra bien analyser, recomposer des mots a partir de syllabes et toute institutrice l’a fait.

    Alors parler de la méthode globale comme cause de tous les maux et en faire une affaire d’état avec, à la clé, une bataille entre gens qui n’y connaissent rien, me semble une grave erreur.

    Ma prochaine note continuera a parler de ce sujet

  • La " Post-Vérité" mot de l'année 2016!

    Il reste beaucoup à dire sur ce sujet, assez révoltant, il faut bien l'avouer.

    - Abordons la chimie, les laboratoires pharmaceutiques et l’agroalimentaire: mentir pour vendre toujours plus, c’est l’objet de toute pub et payer pour trouver des menteurs, çà se fait couramment. Les études de médicaments, de produits chimiques sont souvent rédigées par des gens qui ont des intérêts dans le laboratoire et sont rémunérés par eux? On entend sans cesse parler conflits d’intérêt.

    C’est vendredi dernier que j’ai découvert ce très intéressant article du Monde: L’association pour une information médicale indépendante a étudié les politiques des facultés de médecine vis-à-vis des conflits d’intérêts.

    S’inspirant d’une opération similaire menée aux Etats-Unis en 2007, l’association a adressé aux doyens de trente-sept facultés de médecine en France un questionnaire de treize critères permettant d’évaluer leur démarche en la matière. Sont aussi bien pris en compte le degré de limitation des cadeaux et des repas offerts par l’industrie pharmaceutique, le niveau d’encadrement des liens d’intérêts des enseignants, l’existence de formations des étudiants sur ce sujet, ou encore la tolérance aux financements des fabricants de médicaments. Seules 2 sur 37 ont mis une politique anti-conflits d’intérêt et encore sur 4 ou 5 points seulement. ( soit environ 5%, Australie 84%, Canada 94%)

    - Parlons du scandale du diesel, ( Volkswagen hier, Fiat Chrysler et Renault aujourd’hui) , des tromperies sur les consommations des voitures, toujours sous estimées et vous avez le visage de l’industrie, tout est sujet à mensonges.

    Arrêtons là, en déroulant les infos que j’ai glanées, je pourrais donner des exemples presqu’à l’infini.

    Pascal Froissart, chercheur au CNRS, sociologue à l'université Paris-8 écrit:  « On observe un changement très flagrant. Les sites de diffusion de fausses informations se sont professionnalisés. On est passés de l'amateurisme, de la simple blague, à de la désinformation à but idéologique. Cette évolution a suivi l'explosion du web, son usage a augmenté de 2.000 % par rapport à l'année 2015 » ....2000%, je me suis frotté les yeux, c’est incroyable!

    Et ce spécialiste de la rumeur estime :

    "Au-delà des fausses informations manifestes, il y a aussi beaucoup de news tendancieuses qui circulent, détournant la vérité avec parfois une visée politique. Sauf qu'avec les réseaux sociaux, celles-ci perdent leur contexte. … Avant, un article de “Minute” restait dans “Minute” ou était repris par d'autres médias de manière encadrée. Aujourd'hui, le même type de texte d'extrême droite peut se retrouver sur mon fil Facebook sans aucun contexte. ….Pour l’élection de Trump, vingt fausses histoires provenant de sites spécialisés dans les fakes et les blogs extrêmement partisans ont généré un peu plus de 8,7 millions de partages, réactions et commentaires, contre 7,4 millions pour les 20 articles les plus populaires des médias sérieux comme le "New York Times" ou le "Washington Post".

    On sait que désormais les réseaux sociaux sont cités comme principale source d'information politique par les Américains âgés de 18 à 29 ans, selon une étude de l'institut Pew.
  Les Baby Boomers puisent là aussi le plus clair de leurs informations. Et France, dans le monde des « vieux » que je fréquente sur Facebook, s'affichent beaucoup de liens politiques!

    Comment rétablir la véracité des faits, et surtout, comment les expliquer aux gens cette manipulation.

    Car le mensonge est finalement une destruction de l’être humain !

    Samedi matin sur RTL, un médecin expliquait : » L’immoralité du mensonge diminue quand on s’y habitue On n’a plus conscience de mentir. Ca devient une drogue, on perd ses repères, on arrive à la mythomanie ».

    Et c’est vrai que le mensonge était un pêché pour les catholiques, pêché qu’on devait laver par la confession et une faute morale pour tout individu. « Si tu mens je ne te croirai plus jamais, je n’aurai plus confiance en toi ! » Voilà ce que les enfants étaient habitués à entendre dans la famille et à l’école le mensonge était l’occasion de tant de leçons de morale.

    Les psychologues expliquent que le seul moyen de faire réfléchir les gens, c’est l’éducation!!! Faut-il rire ou pleurer ?

    L’éducation, voilà bien un mot qui n’a plus court. L’éducation, l’information, la recherche de la vérité, ne pas se contenter d’une pensée unique car, « qui n’entend qu’une cloche n’entend qu’un son », est ce que j’entendais dans mon enfance quand «  l’éducation populaire », pour responsabiliser le Peuple et élever le niveau de la société étaient à l’ordre du jour !

    Que reste-t-il aujourd'hui de ce "voeux pieux!"