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24/10/2019

La fabrique du crétin digital - Michel Desmurget

En 2012, j’avais découvert Michel  Desmurget dans son livre « Télé, lobotomie » et j’avais été frappée car j’avais retrouvé dans ses phrases ce que j’avais constaté dans les années 1960 lorsque les parents de mes élèves achetaient leur première télé. 

Aujourd’hui je découvre « La fabrique du crétin digital » et là encore, je suis étonnée car je suis une simple institutrice retraitée, « maîtresse » de CP, passionnée de psychologie et de petite enfance et je retrouve dans chaque ligne de ce livre ce que je constate autour de moi. Non seulement nous  sommes en train de former une génération de crétins mais beaucoup de parents sont aussi intoxiqués par les écrans

Voilà ce que j’avais constaté dans les années 1960/75: le changement radical de vie lors de l’arrivée de la télé dans une famille. C’était devenu le personnel central de la maisonnée. Plus de repas avec échanges, plus de veillée retrouvailles, plus de dimanche familial. Mis à part 3 familles (un médecin, employé de mairie et un responsable EDF, refusant la télé), tous mes pauvres élèves étaient gavés d’images, le matin et au retour de l’école et pour beaucoup, après dîner! 

Et de ce jour tout à changé. Chaque lundi la classe commençait, pour ceux qui le souhaitaient par le récit d’un moment de leur dimanche. A partir de ça je choisissais leçons ( lecture et calcul souvent) et préparais mes centres d’intérêt. C’était merveilleux, vivant et tellement enrichissant . 

En ils en avaient à raconter, ces petits! Ils avaient appris à cuisiner, à coudre , à jardiner ou bricoler, ils avaient vu grand parents et cousins avec lesquels ils avaient inventé des jeux. Et puis ils étaient sorti en famille, cueillette des fruits, ramassage des châtaignes et recherche des champignons qu’ils avaient appris à connaître.Et le dimanche, ils étaient souvent allés pique-niquer au bord de la Loire, avaient joué  sur  le sable et avaient appris à pêcher et pour beaucoup à découvrir la beauté. Et tous connaissaient la Nature et ce qu’elle leur apportait. Pas de barrière sociale, la vie de quasiment tous mes élèves était familiale et tournée vers les autres avant tout.

Et ces petits étaient intéressés par tout les sujets, avides de connaissance, ils étaient créatifs, inventifs... et participatifs! De plus il n’y avait pas tellement de différence entre le comportement fille et garçon ( car j’ai toujours eu une classe mixte) 

Que s’est il passe du jour au lendemain?

Le lundi matin! toujours beaucoup de doigts levés mais …. « Oh maîtresse , moi,  hier j’ai vu à la télé.... » et ils n’étaient pas rares ceux qui avaient vu les 3 films du dimanche...  14h, 17h, 20h30! Et quand le film était violent les yeux des garçons brillaient Les filles , elles racontaient plus volontiers les émissions de variétés où les femmes avaient un rôle séductrice. Et toutes ouvraient de grands yeux. Petit à petit, on en est arrivé à «  genrer  » les enfants. 

Mais ça m’a semblé une catastrophe le jour où une mère qui ne travaillait pas et avait 2 petites filles adorables m’a dit « Oh si vous saviez comme la télé a changé ma vie. Avant quand les filles rentraient de l’école, on préparait leur goûter ensemble et je m’occupais d’elles jusqu’au dîner. Maintenant, elles trouvent leur goûter devant la télé quand elles rentrent et je ne les vois ni les entends jusqu’au dîner ». J’étais atterrée et ... me suis renseignée, elle n’était hélas pas la seule mère a agir ainsi. 

Dès les années 1975, moi qui avais cru que la télé apporterait culture et réflexion me suis aperçue qu’elle était surtout destructrice et nocive pour les enfants.

Mais à cette époque, les écrans c’était seulement la télé, avec une volonté de culture dans encore pas mal d’émissions. Maintenant, il y a toutes sortes d’écrans et je suis d’accord avec Michel Desmurget sur leur influence néfaste sur les enfants.. 

Mais je reparlerai. du livre et des  questions que je me pose.