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26/11/2015

Encore une fois, merci au Pape François!

Pour clore mes notes sur le terrorisme et l’islam, j'aimerais, une fois de plus,  donner la parole au Pape François qui fait preuve d’une intelligence et d’une lucidité  sans faille, doublée d’une sincérité et d’une honnêteté hors du commun, qualités qui doivent déplaire a beaucoup d’hommes, dirigeants ou simples citoyens en ce bas monde.
Kénia, Ouganda, Centrafrique, voilà son itinéraire et il terminera son périple par une rencontre avec la communauté musulmane à la mosquée centrale de Bangui.


Le jeudi 19 novembre, il avait décidé de parler d’un monde ayant choisi la guerre et la haine où les festivités de Noël allaient sonner faux.
« Nous approchons de Noël : il va y avoir des lumières, des fêtes, des arbres illuminés et aussi des crèches… Tout est feint ! Le monde continue à faire la guerre, à faire les guerres. Le monde n’a pas pris la voie de la paix ….Partout il y a la guerre, aujourd’hui il y a la haine…Et qu’est-ce qui reste ? Des ruines, des milliers d’enfants sans éducation, tant d’innocents morts, tant ! Et tant d’argent dans les poches des trafiquants d’armes », qu’il a qualifié de « maudits »
Et il avait conclu sur le même ton: « Une guerre peut se justifier, entre guillemets, par tant et tant de raisons. Mais quand le monde entier, comme aujourd’hui, est en guerre – c’est une guerre mondiale, par morceaux, ici, et là, et là, partout -, il n’y a pas de justification. Et Dieu pleure ….Cela nous fera du bien à nous aussi de demander la grâce de pleurer, pour ce monde qui ne reconnaît pas la voie de la paix, qui vit pour faire la guerre, avec le cynisme de dire qu’il ne la fait pas. »

En septembre devant l’ONU, il avait déjà asséné: « Les guerres en Syrie, Irak, Libye, Ukraine, Sud Soudan, doivent pousser à "un examen de conscience de la part de ceux en charge de la conduite des affaires internationales» puis avait dénoncé « les intérêts partisans de la Realpolitik et une humanité en souffrance alors qu’on ne fait que s’évertuer à énumérer des problèmes, des stratégies et des discussions qui n’ont aucun résultat. »  Il était même allé plus loin en se déclarant favorable a une réforme du Conseil de Sécurité pour « accorder à tous les peuples une participation et une incidence réelle et équitables dans les décisions. »

Hier a Nairobi il a déclaré devant une foule nombreuse: « Notre conviction commune est que le Dieu que nous cherchons à servir est un Dieu de paix! Son saint Nom ne doit jamais être utilisé pour justifier la haine et la violence … L'expérience montre que la violence, le conflit et le terrorisme se nourrissent de la peur de la méfiance ainsi que du désespoir provenant de la pauvreté et de la frustration... Trop souvent des jeunes sont rendus extrémistes au nom de la religion pour semer discorde et peur et pour déchirer le tissu même de notre société … Le dialogue oecuménique et interreligieux n'est pas un luxe, n'est pas optionnel, c'est quelque chose dont notre monde, blessé par des conflits, a toujours plus besoin »

Au nom des musulmans, Abdulghafur El-Busaiyn, président du SUPKEM (Conseil suprême des musulmans kényans), a exhorté que "comme peuple d'un seul Dieu, nous (chrétiens et musulmans) fassions front et soyons unis, que nous nous donnions la main pour tout ce qui est essentiel pour notre humanité, sans distinction de lieu, de culture, de langue, d'ethnie, de race, de statut, de politique". 
"Aujourd'hui nous sommes pris par les mirages de politiques sans principe, d'affaires sans morale, de fortune sans travail, d'éducation sans caractère, de science sans humanité, de plaisir sans conscience, de religion sans spiritualité,  Nous ne pouvons sûrement pas continuer dans cette direction"

J’ai recherché ce matin la place donnée à cette manifestation de Nairobi dans les journaux français. Tous citent le discours du Pape. Un seul ajouté l’intervention du responsable musulman!!!  J’ai alors demandé à Google de me fournir le texte de cette intervention. Effectivement aucune trace dans la presse française sauf dans l’Express.

Quant au discours du pape, il a souvent été amputé de la phrase essentielle:" l'expérience montre que la violence, le conflit est le terrorisme se nourrissent de la peur, de la méfiance ainsi que du désespoir provenant de la pauvreté et de la frustration.

Peut-on parler alors de journalisme et d'information. J'y reviendrais demain!



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