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10/10/2015

Les conséquences du GPS sur la pensée humaine!

Cinq semaines de pérégrinations à travers la France, peu de notes sur ce blog, et me revoici devant mon ordinateur.

Commençons par un sujet léger : les "joies" procurées par un GPS. Après avoir cru que c’était une solution à toutes les recherches, je ne m’en sers quasiment plus sauf pour pointer ce qu’il fait d'aberrant. .. ou pour trouver une adresse dans une ville.

L’autre jour nous allions de Six Fours les Plages à Arles et j’avais mis le GPS, non comme pilote mais pour contrôler au cas où, dans cette région très urbanisée, nous aurions des doutes sur la direction a prendre. 

Entrée de Sanary, à droite le panneau Michelin ( vert)  « Avignon Arles ». Mon GPS n'est pas d'accord et nous dit d’ aller tout droit et d’entrer en ville. Comme nous n’obeissons pas, nous avons droit a plusieurs «  Faites demi-tour dès que possible» avant qu’il ne reprogramme notre parcours . 

Nous décidons alors de suivre les panneaux et de surveiller ce que fait le GPS. Eh bien, nous avons droit  à une direction autre celle du panneau 9 fois! Et c’est une vingtaine de fois que nous entendons la fameuse phrase: «faites demi-tour dès que possible ».

 

Imperturbablement nous suivons les panneaux, et arrivons à Arles sans problème.

Je sais qu’il y a 1000 chemins pour aller d’un point à un autre mais je n’avais pas programmé le plus court, ni parcours touristique et  je n’avais pas indiqué de passer par un point précis. Pourquoi une telle différence avec les panneaux Michelin qui doivent tout de même indiquer un itinéraire logique?

 

J’ai repensé alors à la réflexion d’une amie qui a des enfants de 25 à 30 ans et qui me confiait qu’ils  ne savaient pas lire une carte. Ce ne sont pas des illettrés, ils ont même une situation fort correcte. La perception de l’espace est donc complètement abolie?

 

De retour chez moi, j’ai voulu creuser la question. Car mes enfants  se déplaçaient seuls ou a vélo des 6 ou 7 ans, savaient  aller  d’un point A a un point B grâce a des repaires  et ne se perdaient pas à 500m de chez eux comme les enfants d’à présent, ai-je lu sur une étude médicale … parce qu’ils ne se déplacent jamais seuls et … toujours en voiture! 

Mes petits élèves  ruraux, erraient dans la campagne en parfaite sécurité  et savaient s’orienter sans problème. 

Quant à un de mes petits fils, il m’a servi maintes fois de navigateur en Camping car et ,dès 8 ans, carte en main, savait indiquer quand et où il fallait tourner, sans jamais une erreur!

 

Tout ce travail de notre cerveau est confié maintenant à une machine qui prend les décisions à notre place. Je trouve cela inquiétant, et je ne suis pas la seule à m’inquiéter:

- «  Plus il est facile de savoir où je vais, moins je me souviens comment j’y suis arrivé ». indique un article de «  Internet Actu- Blog le Monde ». Et on ajoute:

La perte de notre capacité de repérage spatiale, son déport dans nos mémoires numériques, commence à inquiéter les experts. Plusieurs études soulignent que la navigation par GPS a généralement un effet néfaste sur la capacité des utilisateurs à se souvenir des environnements qu'ils ont traversés ou à reconstruire le parcours d'une route.

Toru Ishikawa, géographe et cogniticien comportemental à l'université de Tokyo estime que les utilisateurs de GPS subissent une perte de mémorisation de leur parcours de l'ordre de 20% par rapport à ceux qui n'utilisent pas le GPS.

 

- Internet-Actu-Net écrit: La pensée spatiale nous aide aussi à structurer, intégrer et nous rappeler des idées. C'est une compétence fondamentale. Or, Les systèmes de navigation mobile fonctionnent comme des oeillères, réduisant le paysage à la largeur de la rue . Et le GPS demeure un outil maladroit. Trop souvent, il concentre le trafic sur les voies les plus simples et les plus accessibles, préférant mathématiquement un itinéraire plus court (en distance comme en temps) mais plus chargé à un autre à peine plus long, mais déserté. Les algorithmes ont également encore bien du mal à calculer l'errance urbaine,

 

Se fier à son GPS, c’est s’exposer à bien des déboires et détruire un sens de l’orientation acquis au fil du temps depuis l’apparition de l’homme sur terre

 

Mais  la plus belle histoire, je l’ai trouvée sur la Dépêche du 11 mars 2015. « Le chauffeur d'un autocar belge devait emmener un groupe de skieurs à La Plagne, en Savoie, Il a donc programmé  cette station sur son GPS…. Il a effectué un détour de 1 200 km en s'orientant vers le cirque de la Plagne en Ariège situé sur les contreforts des Pyrénées, à plus de 600 km de la station de la Tarentaise où il devait se rendre »

Et le journaliste de conclure « N’empêche, rien ne vaut une bonne vieille carte pour trouver sa destination, le GPS n'étant pas performant au point de faire la distinction entre les trois Plagne en question ».

 

C’est bien aussi ma conclusion, aussi, j'ai vite abandonné mon GPS, j’ai ressorti ma bonne vielle carte … je me perds moins souvent et je m’énerve beaucoup moins. Mais je crois, et crains  que les jeunes nés, dans cette civilisation,  deviennent esclaves de leur GPS,  smartphone, objets connectés, de parfaits robots en somme!

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